2001-2003:

Début juillet: Deux courriels lèvent le voile sur mes sentiments à ce retour à Sudbury. Me confiant à Isabelle-Bourgeault-Tassé, partie à Ottawa après son bac., je lui disais: Je suis arrivé à la Laurentienne décidé à me retirer tout doucement en demandant du demi temps pour quelques années encore. Fatigué peut-être. Mais surtout insatisfait de ce que je pouvais apporter. Je suis parfaitement conscient que ton départ, de même que celui de Miriam et de Michelle qui travaille cette année avec Gratien, signifiait la fin d'une cohorte étudiante hors du commun. C'est triste à dire mais l'enseignement universitaire n'a un sens pour moi que parce que quelques-uns, comme toi, saisissent bien et souhaitent grandir aussi loin qu'on puisse espérer. Dans un sens, mon enseignement n'est récompensé que parce qu'une petite poignée veut triper comme moi. Cela reste élitiste, mais c'est comme ça.

4 juillet: Puis dans un courriel envoyé à Normand, je lui écris: Le sentiment depuis l'arrivée est différent de ce à quoi je m'attendais: il y a quelque chose de différent du moins sur le plan psychologique. L'investissement émotif ne peut plus être total ici, car il y a une partie de nous qui se retrouve dorénavant rue Chambord.

Malgré ce désarroi, je retombe vite sur mes pattes grâce à ce champ de recherche nouveau que représente Harry Bernard, grâce aussi à une nouvelle cohorte d'étudiants et à ce projet de fonder un club de mycologie à Sudbury. En ce retour de sabbatique il me faut du neuf!

9 juillet: En mon absence, mes collègues du département n'ont pas formellement tenu de réunion du programme francophone de sorte que celle du 9 juillet, soit la 19e suit celle de février 2000. Les autres de l'année auront lieu le 30 novembre, le 8 février 2002 et le 5 avril.

4 août: Micheline et moi repartons à Montréal pour une semaine. Maintenant que nous avons notre condo, ô combien il est agréable d'y venir pour poursuivre nos recherches dans le fonds Harry-Bernard, rue Holt, mais aussi pour voir Étienne qui, depuis quelques semaines s'est fait une nouvelle blonde qui s'appelle Suzanne. Par la suite, on projette également de rendre visite à Jacques Michon à Sherbrooke, mais ce projet ne se concrétisera pas.

12 août: La revue Voix et Images rejette notre article sur Bernard par une décision majoritaire. Certes Jacques Michon nous avait fait craindre leur refus, mais cela ne m’empêche pas de protester auprès du directeur de la revue afin de démontrer notre mécontentement.

14 août: J'annonce à Jacques Michon en premier lieu, le refus de la revue Voix et Images de publier notre article, ensuite notre intention de le soumettre à une autre revue et finalement le fait que nous avons terminé une première version d'un autre article sur Bernard traitant cette fois de son régionalisme littéraire.

26 août: Micheline et moi soumettons notre article biographique sur Bernard à la nouvelle revue d'histoire MENS qui, à l'époque, porte comme sous-titre: Revue d'histoire intellectuelle de l'Amérique française.

Septembre: Ce début de session n'est pas trop lourd car outre un cours de maîtrise, je donne mon cours d'histoire sociale que j'adore et un cours d'histoire américaine. Comme mon collègue Gratien Allaire est devenu à titre intérimaire, vice-recteur, nous avons engagé pour le remplacer au département un nouveau collègue qui est en voie de terminer son doctorat, soit Jean-François Nadeau, aujourd'hui au Devoir.

21 septembre: À la stupeur de toute la communauté, mon collègue Yvan Morais avec qui je partageais la coordination du Regroupement des professeurs francophones de la Laurentienne s'est suicidé le 21 juillet. On a raconté que la cause en est son doctorat qu'on exigeait pour sa permanence mais qu'il trouvait trop difficile de terminer. Moi qui ai accompagné Micheline dans sa lourde quête doctorale, je lui rends hommage avec d'autres amis et collègues lors d'une commémoration à l'Université de Sudbury, ce jour-là, en livrant une courte allocution. On lira surtout le beau texte de son collègue Lucien Pelletier publié dans Le Voyageur puis dans L'Orignal déchaîné afin d'avoir une meilleure idée de ce que fut Yvan Morais.

22 septembre: Daniel Bouchard, un ancien étudiant à la maîtrise, termine sa thèse de doctorat à l'Université d'Ottawa. Procrastinateur invétéré, il y a comme ultime échéance le dépôt de sa thèse janvier 2002. Amorcée depuis près d'un an notre correspondance s'intensifie car il me demande de revoir ses textes avant le dépôt. S'enclenche alors une véritable course contre la montre avec des envois de chapitre qui sont ensuite annotés et retournés par autobus. La correspondance conservée qui fait plus de 100 pages à simple interligne est particulièrement riche sur cet épisode qui impliquera tout autant Micheline.

Fin septembre: Je demande une augmentation au mérite, estimant de bonne qualité mes dernières publications et comptant sur une nouvelle encore toute chaude, soit l'acceptation de notre article par la revue MENS. Cette augmentation sera effectivement accordée.

Emballés par cette recherche sur Harry Bernard, Micheline et moi complétons une demande de subvention interne FRUL qui sera bien accueillie par nos pairs du comité d'évaluation.

Automne: De bonnes discussions ont cours avec nos amis François et Annette afin de jeter les bases d'un club de mycologie à Sudbury. Le premier problème à résoudre est celui du terrain où nous amènerons les membres. Puisque François et Annette cueillent depuis des années des champignons dans la région, ils connaissent les bonnes tales mais ne souhaiteraient pas toutes les révéler aux membres. La solution trouvée est de circonscrire le terrain d'observation et de cueillette pour les activités du club au campus de l'Université Laurentienne qui fait quelques kilomètres carrés. Quant à la langue du club, on convient qu'il ne sera pas bilingue mais seulement francophone. Dire en français la nature qui nous entoure nous paraît essentiel. Dernier élément de discussion: devant le millier de champignons connus par les mycologues de Montréal, mieux vaut d'emblée avouer notre méconnaissance des champignons en invitant les membres à les apprivoiser peu à peu avec nous.

12 octobre: Je fais parvenir à Denis Vaugeois des Éditions du Septentrion mon manuscrit sur les mineurs du Nord. Son titre est alors «Je sacre mon camp!» afin de souligner la grande mobilité des mineurs qui passent allègrement d'une mine à l'autre. Cette lettre sera suivie de demande d'autorisation de reproduction de photographies et d'articles déjà publiés afin de me conformer aux exigences de l'éditeur.

24 octobre: Micheline et moi soumettons un deuxième article sur Bernard à la revue GLOBE.

29 novembre: Première rencontre du club de mycologie de Sudbury sur le campus de l'Université. Une bonne vingtaine de personnes assistent à la rencontre dont voici l'ordre du jour. Non seulement notre club voit le jour cette journée-là mais également sa fondation est connue des autres clubs de mycologie grâce à un échange de courriels deux jours plus tôt avec le président du Cercle des Mycologues de Montréal, Raymond Archambault.

16 décembre: À la demande de mon éditeur, je rédige une demande de subvention au Programme d'aide aux éditions savantes afin de compléter le financement de mon livre sur les mineurs du Nord.

Fin décembre: Peu de temps après le décès du chanteur Gilbert Bécaud survenu le 18 décembre, mon ami d'enfance, Michel Lacombe, m'envoie un courriel pour me rappeler l'admiration que j'éprouvais pour le chanteur et sa grande désinvolture sur scène. Nous ayant perdu de vue depuis mon départ pour Sudbury, on se promet de renouer contact, ce qu'on fera d'abord par des repas pris à quelques reprises sur les heures du midi alors qu'il travaille pour la CSST. J'ai retrouvé un grand ami!

Pour les fêtes nous descendons à Montréal rue Chambord. Marjolaine et son nouveau chum Michel viennent nous rejoindre tandis qu'Étienne, toujours étudiant à l'Université de Montréal, a invité Suzanne. Louis-Philippe, Nathalie et Camille sont bien sûr de la partie. Notre vie familiale a pris un tournant avec nos trois enfants devenus adultes et en couple. Pour l'occasion nous avons invité ma mère et ma belle-mère. Bien sûr, plusieurs d'entre nous allons aussi chez Normand et Sandra afin de célébrer ce temps de réjouissance.

On recevra également la grande amie de Micheline, Jocelyne, et son chum Richard. Jocelyne qui a souffert d'un cancer a une rémission et s'est sentie assez bien pour accepter notre invitation.

31 décembre: De retour à Sudbury pour donner un coup de main à Daniel Bouchard. En effet, Micheline et moi travaillons à plein temps sur les chapitres de thèse de Daniel en faisant notre métier de prof., c'est-à-dire en réfléchissant avec lui à distance sur le fond et la forme de sa thèse; ce travail se prolongera jusqu'à la mi-janvier. Si Micheline et moi avons consacré ce jour de célébration à Daniel, c'est que nous savons que nous aurons malgré tout droit à la fête car André et Guillaume nous ont invités à fêter le Nouvel-An. Célébrer le Nouvel-An avec eux deviendra par la suite une tradition.

2002:

12-13 janvier: Le Devoir faît paraître une jolie critique de la nouvelle revue MENS dans laquelle Micheline et moi avons fait paraître une biographie de Harry Bernard.

8 février: Le doyen, Donald Dennie, souhaite mettre de l'avant un programme d'offre de cours dans les sciences sociales et les humanités reposant, pour notre plus grand bonheur, sur une charge régulière de cours de 5 demi-cours plutôt que les six qui prévalaient jusqu'alors. Cette proposition qui sera adoptée force le programme d'histoire à examiner cette alternative dans son offre de cours pour l'année 2002-2003.

15-19 février: En tant que bénévole, j'accompagne encore la SHEUL dans un voyage dont la destination est Montréal. Isabelle Brochu et René Lacourcière, qui en ont vu bien d'autres, font notamment partie du voyage. Tandis qu'ils dormiront à l'auberge de jeunesse du Vieux-Montréal, je rejoins Micheline rue Chambord mais passe mes journées avec eux. Au printemps, un nouveau cours intitulé «Voyage d'études» sera adopté au département, grâce à l'initiative d'une étudiante, Stéphanie Saint-Pierre. Ce cours, qui prévoit en alternance un voyage crédité en Europe et un voyage en Amérique du Nord, fera dorénavant partie de la charge régulière des professeurs du programme, mais seulement à compter de 2003-2004.

7 mars : Je publie dans L'Orignal déchaîné une lettre qui se veut un cri d'alarme sur l'avenir du vice-rectorat aux affaires francophones et des programmes en français à la Laurentienne.

4 avril: C'est avec une grande fébrilité que l'Amicale des mycologues tient une réunion préparatoire en vue de notre première saison.

5 avril: À titre de président du Regroupement des professeurs francophones de la Laurentienne, je convoque une réunion d'urgence afin de faire des pressions auprès de l'administration pour maintenir le poste de vice-recteur aux programmes et services (affaires francophones). Les résultats de cette rencontre seront envoyés à Judith Woodsworth qui vient d'être choisie comme la prochaine rectrice de la Laurentienne. On verra à ce sujet les trois courriels que je lui ai transmis, soit ceux du 22 mars, du 27 mars et du 7 avril 2002.

12 avril : Micheline s'est levée, en ce vendredi printanier, complètement bouleversée et en larmes. En grande détresse, elle me dit soudainement qu'il faut absolument qu'elle parte pour Montréal, sans savoir pourquoi. Moi qui me suis engagé à donner un coup de main au Buffet de la francophonie, qui se tient le lendemain, je ne peux pas la suivre et je dois la laisser prendre seule le volant pour cette longue route vers Montréal. En après-midi, un coup de téléphone de Richard m'apprend que la grande amie de Micheline, Jocelyne est morte ce matin-là. Je raccroche quelque peu soulagé, comprenant que ma blonde avait ressenti son décès depuis Sudbury. Si je me rappelle de cette journée, comme si c'était hier, c'est que ce matin du 12 avril, je traversais pour une dernière fois de l'année mon lac Ramsey à pied pour me rendre à l'Université. La glace avait été suffisamment solide pour que je fasse le trajet. Jamais je ne suis parvenu par la suite à faire la traversée aussi tardivement au printemps.

Début mai: Au début du mois, François arpente tous les bois du campus afin de trouver un secteur qui contiendrait des verpes de Bohème (photo de gauche), qu'à l'époque, on distingue encore mal des morilles. Il en trouvera pour le plus grand bonheur des membres du club lors de notre première sortie de mai. On mettra également la main sur quelques autres champignons printaniers comme des coprins (photo de droite), amorçant ainsi la constitution d'un herbier.

Mai: Remise de mon rapport annuel qui représente une année bien remplie.

14 mai:J'écris à Raymond Boyer du Cercle des mycologues de Sept-Îles à identifier certains champignons printaniers. Certains champignons récoltés sont difficilement identifiables en ayant pas de microscope. Je ferai appel à ces conseils à quelques reprise ce printemps-là, comme en témoigne un échange du 14 juin.

Début juin: Je reçois une lettre du célèbre historien américain David Montgomery qui enseigne à Yale. Ayant lu mon article sur la sous-traitance forestière dans la revue Labour/Le Travail, il m'en félicite. Suivra un bref échange de courriels dont celui du 7 juin dans lequel j'évoque mon choix d'écrire en français mes textes scientifiques: Ta lettre qui soulignait ton intérêt pour mon article sur la sous-traitance forestière est venue comme un cadeau pour toutes ces années de doute à s'entêter à rédiger en français des articles qui connaîtraient sans doute un meilleur sort écrits en anglais. J'écris en français simplement pour que mon père et ma mère comprennent un peu ce que je fais. Il n'y a pas de raison objective, cela va contre mes intérêts personnels. Pourtant ce texte sur la sous-traitance s'est rendu jusqu'à chez vous.

Fin juin: Pour la retraite bien méritée d'Yves Lefier, soit après 37 ans de service, Micheline et moi organisons une fête surprise rue Chambord pour ce collègue du département de français qui connaissait mieux que quiconque tous les pièges de la langue française. Parmi les invités, il y a Gaétan Gervais, Robert Dickson et Yvon Gauthier. Nous profitons de l'occasion pour lui rendre hommage.

13 juillet: Installés à Montréal pour quelque temps, Micheline et moi partons pour la région de Thetford Mines et la Beauce pour quelques jours avec un arrêt au musée de Thetford Mines. Pas question de publier une histoire de mineurs sans avoir vu la région de l'amiante avec ses immenses terrils et le musée minéralogique et minier de Thetford Mines. Le projet comprend aussi une visite chez Louis-Philippe qui s'est loué un chalet.

20 juillet: À quelques jours du 50e anniversaire de Normand, on l'invite, lui et sa famille, à souper rue Chambord. Quoique Normand y attache moins d'importance, avoir 50 ans marque, selon moi, un tournant décisif de l'existence. Sandra est venue avec Gabriella et Alexandra. À l'inverse de sa sɶur, Alexandra n'a pas droit à l'alcool et doit se contenter d'un moût de pomme que boit Micheline à l’occasion. La formule a tellement de succès chez Alexandra, que l'on en servira ensuite pendant de nombreuses années aux enfants lors des Fêtes.

Après cela, il faut vite remonter à Sudbury car notre inventaire des champignons de la région de Sudbury nous attend. Ce sont des heures et des heures que l'on doit passer afin d'identifier chacun des champignons récoltés, photographiés. Pour chacun il faut faire une sporée et ouvrir une chemise qui réunit les informations. Beaucoup plus tard, j'apprendrai que notre système d'enregistrement des informations mycologiques était loin d'être parfait. À ma décharge, j'avoue qu'à ce moment-là les intentions sont plutôt d'apprendre à les distinguer bien plus que de faire ɶuvre scientifique.

16 août: La revue Globe qui a accepté notre article sur le régionalisme littéraire de Harry Bernard nous envoie la mise en page de notre texte pour une dernière vérification.

18 août: La troisième excursion de la saison mycologique se tient ce jour-là, comme en fait foi l'invitation que nous avons lancée la semaine précédente.

20 août: Isabelle Brochu soutient avec succès son mémoire de maîtrise intitulé «L'évolution des rituels funéraires chez les mineurs d'après les journaux de Sudbury». L'évaluatrice externe, Brigitte Caulier de l'Université Laval, rédige une belle évaluation qui va beaucoup m'inspiré par la suite. En effet, si elle souligne la nécessité d'apporter sur le champ de légers changements, elle propose une série plus longue de correctifs qu'elle soumet seulement à titre indicatif, soit dans l'éventualité où le mémoire puisse être publié. Quelle manière élégante de soumettre ses remarques! Et bravo Zibi!

Septembre: Une nouvelle année universitaire avec pour la première fois une charge de cinq cours. Parmi ma charge d'enseignement, un cours que je donnerai pour la première fois, «Initiation au travail intellectuel». Un cours obligatoire que j'ai beaucoup aimé monter et que je livrerai, en janvier, à une vingtaine d'étudiants et d'étudiantes.

Je me sens d'attaque et j'entreprends la rédaction d'une demande subvention au CRSH. Trop confiant en la valeur de mon curriculum vitae, je suis convaincu de décrocher une subvention qui me permettrait de démontrer à mes collègues que je ne suis pas seulement un excellent prof mais aussi un bon chercheur. Mais ce sera un échec monumental qui, avec du recul, est peut-être imputable à l'attaque en règle que je mène dans ma problématique contre l'école historique «misérabiliste» qui a réduit les mineurs du Nord au rang de simples victimes. Il faut bien se trouver des excuses!!!

3 octobre: Le propriétaire du Courrier de Saint-Hyacinthe, Benoit Chartier, nous a invités, Micheline et moi, à présenter notre recherche sur Harry Bernard, à la Société d'histoire régionale de Saint-Hyacinthe, dans le cadre des activités marquant le 150e anniversaire du Courrier. La salle est pleine et la conférence a du succès. On profite de notre court séjour à Montréal pour recevoir le frère de Micheline, Robert, et sa conjointe Nicole, pour célébrer le 60e anniversaire de mon beau-frère.

25 octobre: À titre de président du Regroupement des professeurs de l'Université Laurentienne, je convoque deux réunions, l'une le 25 octobre et l'autre le 6 décembre. Je me charge de faire parvenir à la rectrice les fruits de nos délibérations, le 28 octobre (28 octobre) et le 9 décembre. Outre le poste de vice-recteur aux affaires francophones, le dossier principalement discuté est cette nouvelle tendance administrative des postes bilingues que le Regroupement dénonce avec vigueur.

30 octobre: Après des années de silence, je renoue contact avec Gilles Lavigne et je lui dis qu'après avoir eu plusieurs blondes et avoir essayé de nombreux corps de femme, j'ai trouvé en Micheline la partenaire que je cherchais depuis longtemps: «Une autre chose que j’ai découvert au fil de mes échecs amoureux est qu’il me fallait à tout prix une intellectuelle. Une femme capable de me comprendre dans mon métier parce qu’elle était elle-même une professionnelle. J’ai été très chanceux de rencontrer Micheline.»

Début novembre: Micheline et moi organisons une fête à la maison pour célébrer le doctorat d'une amie, Julie Boissonneault. En examinant les photos prises lors de cet événement, je me rends compte qu’on a grand besoin de fêter pour calmer le stress de cette intense vie professionnelle qui nous gruge à petit feu.

4 novembre: Je reçois du Programme d'aide aux éditions savantes deux évaluations de mon manuscrit qui, dans l'ensemble, s'avèrent fort favorables. Une dizaine de jours plus tard, je réponds aux commentaires et suggestions des évaluateurs anonymes. Ma réponse et la révision apportée au manuscrit semblent les satisfaire puisque le 10 janvier le Programme m'annonce que j'ai décroché la subvention.

12 novembre: Comme à l'habitude, les membres du programme d'histoire se réunissent séparément de nos collègues anglophones afin de discuter des affaires qui nous sont propres. Une première rencontre se tient le 12 novembre, une autre le 3 décembre, puis le 22 janvier et finalement le 22 avril .

Fin novembre: Micheline participe au spectacle communautaire du Théâtre du Nouvel-Ontario et joue le rôle de la reine dans «Alice au pays des merveilles». Elle y retrouve une amie et une habituée de la scène des spectacles communautaires, Marie-Paule Ducharme.

10 décembre: Moyennant quelques corrections, notre article sur Harry Bernard, journaliste au Droit est accepté par la Revue du Nouvel-Ontario.

18 décembre: Bien sûr, on descend à Montréal pour les Fêtes. On reçoit les enfants, Louis-Philippe, Nathalie et Camille, Marjolaine et son chum Michel, Normand et sa famille, Robert et Nicole, de même que ma mère et celle de Micheline. En ces occasions, Micheline prend une jolie photo de Camille et d'Étienne qui a notre Pico avec lui.

Fin décembre: Retour à Sudbury pour fêter le Nouvel An et se préparer pour la session d'hiver. On invite à la maison André et Guillaume et quelques autres amis.

2003:

2 janvier: Afin de trouver des réponses à de nombreuses interrogation sur l'identité de champignons observés, j'écris à Jean Després du Cercle des mycologues de Montréal. Néophyte en mycologie j'ai besoin de son avis.

12 janvier : Toujours aussi intense quand vient le moment de discuter d'enseignement universitaire - peut-être même un peu trop!-, je fais paraître dans L'Orignal déchaîné, un article qui dénonce la pratique de plusieurs professeurs de tenir des examens de fin de session dans le cadre des 13 semaines régulières d'enseignement!

21 janvier: Je transmets aux éditions du Septentrion la dernière version de mon manuscrit sur la mobilité des mineurs.

25 janvier : L'Amicale tient son premier souper mycologique qui met en évidence chanterelles, morilles et cèpes de la région. Grâce à Annette et François, qui sont passés maîtres dans leur mise en valeur culinaire, la soirée a du succès, si on en croit la trentaine de personnes qui y assistent.

Hiver: Le Musée McCord de Montréal m'offre un contrat de 5,000$ pour constituer, à partir des archives photographiques du Musée, une visite virtuelle ayant pour thème les activités minières au Canada. Au cours des mois suivants, je développerai un circuit web intitulé «Trouver le bon filon». Pour la première fois, j'expérimente une publication électronique qui, non seulement peut être consultée autant en anglais qu'en français, mais qui s'adresse au monde entier. Moi, qui reste toujours déçu du faible nombre de lecteurs de mes textes et ouvrages, j'y vois une manière d'élargir mon lectorat.

14 février: Avec la SHEUL, je pars pour la dernière fois comme bénévole à Québec pendant la semaine de relâche pour un voyage historique de 5 jours avec 14 étudiants et étudiantes. Le Carnaval bat son plein et le samedi soir, on assiste à la grande parade avec un froid de -34 Celsius, sans compter le facteur éolien! Un des plus beaux cadeaux qu'on m'a jamais offert pour mon implication est venu d'une étudiante qui m'a avoué, au retour, avoir été fort surprise de pouvoir parler en français pendant plusieurs jours consécutifs!

6 mars: L'Amicale organise un vernissage d'une exposition de photographies de champignons identifiés au cours de la saison 2002. Les précieux conseils de Guillaume, lors de l'accrochage, permettent une exposition de 24 photographies, toutes prises par Micheline, au 11e étage de l'édifice Parker. Le Sudbury Star en fera d'ailleurs brièvement écho.

11 avril : Avec Annette et François, nous présentons à l'ACFAS-Sudbury, notre première communication en ethnomycologie, sur l'amanite tue-mouches. C'est François qui a eu l'idée de cette approche qui conjuge, l'histoire, l'ethnologie et la mycologie. À juste titre, François sera identifié comme premier auteur quand sera publié, l'année suivante, notre texte dans les Actes de l'ACFAS-Sudbury. Un champ nouveau de recherche et d'écriture s'ouvre pour moi et me passionnera pendant quelques années.

30 avril: Le Courrier de Saint-Hyacinthe célèbre son 150e anniversaire. Pour l'occasion, Benoit Chartier nous a invités à participer aux cérémonies et au lancement d'un album-souvenir dans lequel Micheline, Stéphanie Saint-Pierre et moi cosignons quelques textes.

9 mai: Remise de mon rapport annuel au doyen.

6 juin: Micheline et moi partons pour une croisière fluviale sur la Volga avec 4 jours pour visiter Saint-Petersbourg et 3 jours pour Moscou. Du pur bonheur.

Un voyage en Russie

Dès notre arrivée à l’aéroport de Saint-Petersbourg, on nous conduit à notre bateau accosté à un des quais. Parmi le personnel de l’équipage, il y a des animateurs et des guides qui parlent tous français car le bateau accueille une centaine de voyageurs francophones dont une trentaine du Québec et de l’Ontario, les autres provenant surtout de la France. Bien qu’on reste à Saint-Petersbourg pour quelques jours afin de profiter des nuits blanches (je me souviens d’avoir mangé à 10h30 un soir en pleine lumière du jour), on dort sur le bateau dans une petite cabine qui ne paie pas de mine, mais tout à fait confortable. Très vite Micheline et moi se lions d’amitié avec quelques couples de Québécois.

Treize ans plus tard, il me reste comme souvenir, la visite de L’Hermitage avec sa collection de prestigieuses peintures, la chambre d’ambre du palais Catherine et la visite d’un des plus vieux magasins de la ville où deux jolies poupounes russes faisaient, dans un costume moulé, la promotion du Coke Diète! Dommage que j’ai pas, à cette époque, tenu un récit de voyage.

Au départ de Saint-Petersbourg, le bateau emprunte la Neva pour se rendre au lac Ladoga et visiter la région de Kiji. Ensuite par une série d’écluses et de canaux on descend la Volga, traversant ainsi la véritable Russie depuis peu non communiste. Parallèlement à plusieurs arrêts pour des visites historiques, et on peut participer sur le bateau à des cours, conférences et des spectacles musicaux. Micheline s’intéresse à des cours de danse tandis que je m’inscris à des cours d’histoire.

Rendus à Moscou, même type de séjour qu’à Saint-Petersbourg : on dort sur le bateau, mais on visite la ville de jour. Micheline, qui a passé quelques mois avant le voyage à prendre des cours de russe, se sent assez à l’aise pour qu’on emprunte sans le groupe, le célèbre métro de Moscou. Ce qui m’a le plus frappé à Moscou et ce qui me reste encore ce sont les traces de la Deuxième Guerre mondiale alors que les armées allemandes ont été arrêtées aux portes de la ville.