2003-2006:

Début juillet: J'ai accepté la demande l'ACFO du Grand Sudbury de diriger un ouvrage sur l'histoire du drapeau franco-ontarien, en vue de son 30e anniversaire qui sera célébré en 2005. Deux des quatre étudiantes impliquées dans le projet, Denise Quesnel et Stéphanie Saint-Pierre, travailleront à tour de rôle au cours de l'été à inventorier les archives textuelles et iconographiques disponibles, grâce à une subvention d’emploi d’été obtenue par Suzanne Roy de l’ACFO.

Mi-juillet: Micheline et moi se rendons chez les Ribordy à l'Île Manitouline afin de célébrer le début de la retraite d'Annette. Comme François est retraité depuis l'année précédente, le couple s'est installé sur l'Île, ce qui permettra à notre inventaire mycologique de s'enrichir de nouveaux champignons.

Août: Mise en ligne sur le net du circuit minier «Trouver le bon filon» que j'ai développé pour le Musée McCord.

10 août: Pour mes 50 ans, j'ai décidé de célébrer en grand l'événement en organisant deux fêtes: l'une à Laval chez Louis-Philippe qui a bien voulu accueillir la grande famille et les amis dans sa première maison dont il est le propriétaire sur la rue Meunier et une autre à Sudbury, rue David. La première se tient le dimanche 10 août au cours de laquelle se prennent quelques photos qui me sont encore chères.

Comme cadeau-surprise, Micheline a fait relier mon livre publié à McGill-Queen's University Press qu'elle m'offre ce jour-là. Son boitier évoquant la forêt trône toujours dans ma bibliothèque.

Pensant bien faire, j'ai invité, outre Normand et Sandra, le fils aîné de Normand, Pierre-Étienne et sa conjointe à la fête de Laval. Sans connaître les enjeux de la querelle qui opposait le fils à son père, j'ai pensé jouer le rôle d'intermédiaire dans un conflit familial qui n'était pas le mien... Grand mal m'a pris car ayant prévenu la veille le père de la présence du fils, Normand me confie que je n'aurais pas dû m'en mêler et qu'il se voit contraint de ne pas y assister. Je lui confierai, le 15 août dans un courriel qui décrète une pause dans nos relations, que son absence m'a fait mal:«Une partie de moi-même n'était pas à ma fête.»

23 août: Pour ma fête sudburoise, j'ai engagé une chanteuse et une musicienne qui interprèteront pendant une heure quelques-unes des plus belles chansons de Piaf. Pandora Topp, que j'avais vue quelques mois plus tôt dans un spectacle consacré à Piaf, séduira les gens réunis dans la cour-arrière de la maison. La belle-mère, le frère de Micheline et sa conjointe Nicole feront le voyage tout comme Marjolaine avec son chum Michel. Plusieurs amis de Sudbury sont présents : Dieter et Judith, François et Annette, Normand Renaud et Marie-Luce. Plus tard en soirée on se réunit autour du piano occupé à tour de rôle par Nicole et Normand Renaud. Beaucoup de plaisirs qui me font oublier temporairement ma brouille avec mon grand chum Normand. Brouille qui, je ne le sais pas encore, durera dix longues années. Il faudra bien que j'apprenne à me mêler de mes affaires!

27 août: Première réunion du programme d'histoire de l'année 2003-2004. Elle constitue ainsi la 27e réunion et elle sera suivie de la 28e, le 19 septembre, de la 29e, le 1er octobre, de la 30e, le 10 octobre, de la 31e, le 29 mars 2004 et de la 32e, le 3 mai.

Septembre: Le début de session est chargé avec notamment trois supervisions de mémoire (ceux de Stéphanie Saint-Pierre, Véronique Brunet et Casey Owens qui se sont engagés dès le mois de mai à passer une partie de l'été à amorcer leurs recherches), et l'organisation du cours voyage d'études offert à l'hiver 2004 mais qui exige dès maintenant la recherche de financement pour ce voyage à Boston.

Dans mon cours de première année de l’automne, j'ai 35 inscrits, ce qui me comble de joie. S'ils sont si nombreux c'est en raison de l'arrivée de la double cohorte des finissants du secondaire (le ministère de l'Éducation de l'Ontario ayant aboli la 13e année). J'adore enseigner à une classe nombreuse car cela augmente mes chances de dénicher du talent. Et il y en a dans cette classe avec notamment un certain Serge Dupuis, maintenant docteur en histoire! Cette double cohorte me permettra d'avoir des groupes de bonne taille pendant quelques années.

12 septembre: Je soumets, comme en 2001, une demande d'augmentation au mérite au doyen, fort de mes publications récentes dont le livre venant tout juste d'être publié par les éditions du Septentrion. Elle me sera également accordée, ce qui haussera mon salaire à des niveaux dépassant nettement le nécessaire.

Automne: Mon bilan sanguin de l'automne révèle que je suis diabétique, de type 2. Je reçois la nouvelle comme un coup de poing en pleine figure, je devrai prendre toute ma vie des pilules qui pourront peut-être m'éviter l'insuline. Le médecin me signale en outre que je suis en surplus de poids avec mes presque 200 livres et qu'il est temps que je prenne soin de ma santé. Les photos de cette époque, comme celle prise à Noël 2003 rue Chambord montrent que je suis gras comme un voleur. Je prends la décision que dorénavant je marcherai tous les jours et que, beau temps mauvais temps, je me rendrai à pied à l'Université pour mon travail.

Pour l'Amicale, nous avons décidé de produire un calendrier 2004 qui ferait la promotion de nos activités. Chaque mois, on présente un champignon comestible tiré de notre inventaire. Annette et François ajouteront une recette mettant en vedette le champignon du mois. On en imprime quelques dizaines d'exemplaires, tablant sur des achats de cadeaux de Noël.

13-16 novembre: Micheline et moi se rendons au Salon du livre de Montréal pour le lancement d'Amour vainqueur, un roman de Virginie Dussault dont Micheline a préparé une réédition aux éditions David. On rencontre sur place le directeur des Éditions David, Yvon Mallette, qui se dit enchanté de notre projet de publication de la correspondance entre Harry Bernard et Alfred DesRochers. On lui remet une copie de la transcription de cette correspondance que Micheline a patiemment réalisée pour qu'il fasse évaluer sa pertinence en vue d'une publication.

Décembre: Pour les Fêtes, c'est bien sûr Montréal, rue Chambord. Je verrai Michel lors d'un dîner et nous rendrons visite à Judith et Éric qui viennent d'avoir leur premier enfant, Pacifique. Micheline et moi sentons bien qu'ils sont de plus en plus aspirés par un quotidien qui s'écarte malheureusement du nôtre: ils nous parlent forcément de couches et nous leur faisons miroiter nos retraites prochaines.

Micheline filmera bien sûr la remise des cadeaux lors du souper familial!

29 décembre: Retour à Sudbury afin d'y célébrer le Nouvel An avec André et Guillaume et se préparer pour la session d'hiver.

2004

6 janvier: Yvon Mallette des Éditions David nous fait part des trois évaluations qu'il a demandées de la correspondance de Bernard et DesRochers. Il nous propose de bien suivre les recommandations de Réjean Robidoux et de Marc Pelletier afin qu'elles nous servent de guide pour rédiger une édition critique.

Hiver: Micheline travaille d'arrache-pied dans notre projet de publication. Elle s'attaque à l'appareil de notes qui fera la preuve de notre érudition ou plutôt de la sienne. De mon côté, je me suis engagé à finaliser la chronologie de Bernard et rédiger le canevas du texte de présentation. En élaborant la chronologie, je découvre peu à peu un champ nouveau d'expression de l'histoire: la chronologie qui relate le plus objectivement possible les principaux faits de l'existence d'un individu, selon un ordre chronologique. Je ne sais pas encore que je ferai un jour la mienne!

17-18 janvier: Le journal Le Devoir fait paraître un long article dans le cahier livres sur mon livre des mineurs du Nord. Jean-François Nadeau, qui a été notre collègue au département d'histoire, travaille alors au Devoir et m'a donné un bon coup de pouce pour que cette critique paraisse.

Février: Au cours de la semaine de relâche, je pars avec 15 étudiants et étudiantes à Boston pour le cours de voyage d'études. Je conserve de bons souvenirs de notre séjour, et notamment cette visite du Musée des Beaux-Arts où je revois cette belle peinture de Renoir, Le bal à Bougival dont une reproduction restera dans ma chambre pendant plus de 15 ans. C'est au Musée des Beaux-Arts d'Ottawa que j'avais pu admirer cette toile pour la première fois quelques années plus tôt. Au retour, Amélie L. Dugas, chroniqueuse de L'Orignal déchaîné et participante au voyage publiera un long article sur le cours.

Mars: L'Amicale des mycologues de Sudbury est très impliquée dans l'organisation du premier salon du livre de Sudbury qui aura lieu au début de mai et qui est coordonné par Stéphane Gauthier. Non seulement nous tiendrons une excursion mycologique le dimanche 9 mai pour tous les visiteurs du Salon, mais en outre nous avons un invité d'honneur, Jean Després du Cercle des mycologues de Montréal qui fera une conférence et aura une entrevue radiophonique à Radio-Canada. Un courriel transmis le 4 mars jette le voile sur une partie des discussions à ce sujet.

11 mars: Je soumets à Jean-Pierre Pichette de la Société historique du Nouvel-Ontario, un manuscrit corrigé sur les femmes du Nouvel-Ontario qui fait suite à ses remarques et commentaires. Ce texte est composé de trois recherches effectuées par des étudiantes que j'ai supervisées, deux au niveau de la maîtrise, Sophie Landry et Anne Prud'homme et une en mémoire de baccalauréat, Mélanie Brunet. Il témoigne de mon grand intérêt pour la question de la femme dans mon enseignement. Pour en savoir plus, on consultera la genèse de cet ouvrage.

2 avril: L'Amicale présente, dans le cadre de la 11e Journée Sciences et Savoirs, une deuxième communication en ethnomycologie sur l'amadou (fomes fomentarius) qui sera publié dans les Actes de l'ACFAS-Sudbury. Le rôle clef joué par Micheline dans l'équipe chargée de l'édition des Actes depuis l'année précédente permet à l'Amicale de faire rayonner ses activités de recherche en dehors de l'Université avec la publication des Actes de l'ACFAS-Sudbury de 2003.

29 avril: À quelques jours du début de la saison mycologique et de la tenue du Salon du Livre de Sudbury, un rappel par courriel aux membres donne d'autres détails sur notre implication au Salon.

Début mai: Remise de mon rapport annuel au doyen.

7 mai: Comme la verpe de Bohème est rare au Québec, mais très abondante dans la région de Sudbury, on va cette journée-là dans les bois du campus universitaire avec Jean Després afin qu'il prenne plusieurs photos du champignon pour sa collection. En venant à Sudbury, Jean a apporté un microscope que nous prête le Cercle des mycologues de Montréal. Il m'apprend en quelques minutes les rudiments de son utilisation afin que je procède à l'examen des spores des échantillons recueillis.

Juin: Depuis le printemps, Micheline et moi travaillons à plein temps sur notre manuscrit traitant de la correspondance entre Bernard et DesRochers. Yvon Mallette nous informe qu'il faut trouver des sous pour financer le projet. Je m'adresse simultanément au doyen et au vice-recteur Harley d'Entremont une première fois le 9 juin, puis une deuxième fois le 17 juin. La démarche connaîtra un succès, sans compter que Benoit Chartier, propriétaire du Courrier de Saint-Hyacinthe, a accepté de participer au financement. Micheline et moi estimons nécessaire d'obtenir l'avis du spécialiste d'Alfred DesRochers de l'Université de Sherbrooke, Richard Giguère, à qui on envoie le manuscrit le 14 juin.

Début juillet: Au fur et à mesure que l'équipe des Éditions David revoit notre manuscrit sur la correspondance Bernard-DesRochers, on ajuste la présentation. Réjean Robidoux et Marc Pelletier vont tour à tour revoir l'ensemble et nous faire des suggestions au cours de l'été.

Parallèlement, l'Amicale poursuit ses activités tandis que nous continuons à découvrir de nouvelles espèces et à les herboriser. C'est ainsi, par exemple, que le vendredi 2 juillet dans ma marche vers l'université, tout près du campus, je croise pour la première fois ce joli mais petit champignon appelé l'hydne cure-oreille (auriscalpium vulgare)) qui pousse sur les cônes (cocottes) de pin. C'est bête mais cela avait fait ma journée.

Début août: Louis-Philippe, Nathalie et Camille nous rendent visite à Sudbury. On en profite pour faire un tour de bateau sur le lac Ramsey avec le Cortina. Pour marquer leur visite, Micheline engage la même photographe qui, quelques années plus tôt, avait pris de superbes photos d'Étienne et de Marjolaine, Rachel Bergeron, afin qu'on puisse garder d'aussi beaux souvenirs. Nathalie est alors enceinte de la future Justine et Louis-Philippe, qui d'habitude ne se laisse pas prendre facilement en photo, est cette fois à son mieux!

Dimanche 8 août: Rue Chambord, on fête le baccalauréat d'Étienne. Après bien des efforts, il termine son bac à l'Université de Montréal. Pour l'occasion, on invite la famille et curieusement lors des photographies, on sépare les hommes des femmes. Revoyant ces souvenirs en images, j'ai le sentiment aujourd'hui que j'ai blessé Louis-Philippe en soulignant ainsi la réussite scolaire d'Étienne. Louis-Philippe, lui, n'a jamais été à l'aise à l'école, mais devant un père qui a beaucoup étudié et maintenant, devant un Étienne qui a son bac comme Marjo, il s'est assurément senti dévalorisé. Combien de fois je lui ai dit qu'il ressemblait étrangement à mon grand-père Auguste et que dans la chaîne familiale des aptitudes scolaires, j'étais l'exception tandis que lui était resté fidèle à une tradition familiale qui l'écartait des bancs d'école, comme cela était arrivé à mon grand-père et à mon père. J'aurais quand même dû faire plus attention et trouvé une façon de célébrer ses réussites au travail.

9 août: On part quelques jours à Val-David pour des vacances. Le jour, on parcourt les bois pour apprivoiser des champignons que nous n'avions pas encore trouvés chez nous.

Été: Ayant déjà participé à deux reprises à la journée du savoir de l'ACFAS-Sudbury, l'Amicale compte bien y participer encore en 2005 et d'accroître sa visibilité. Micheline y contribue, comme l'année précédente, en s'attaquant avec Sylvie Lafortune et Patrice Saywer à l'édition des Actes de la Journée du savoir de 2004. Mais il faut trouver un nouveau sujet de communication pour avril 2005 et François a cette idée lumineuse de faire l'histoire d'un champignon très connu, le bolet. Pas seulement du champignon, mais de son nom également. Je m'y attaquerai avec Annette et François, découvrant véritablement un nouveau champ de recherche et d'écriture, l'ethnomycologie.

Septembre: La routine universitaire reprend avec ses réunions de programme et des charges d'enseignement pour lesquelles on s'inquiète toujours de l'insuffisance du nombre d'étudiants. Si j'ai seulement 14 inscrits dans mon cours de première année, je compte heureusement sur 26 inscriptions dans mon cours d'histoire américaine, la double cohorte d'étudiants de l'année précédente me suit fort heureusement.

1er septembre : Première réunion du programme d'histoire de l'année 2004-2005. Elle constitue ainsi la 33e réunion et elle sera suivie de la 34e, le 15 octobre, et de la 35e, le 2 mai 2005.

15 septembre: Je publie dans L'Orignal déchaîné le premier d'une série d'articles sur l'éthique de l'enseignement universitaire. Pour l'occasion un texte de mon cru intitulé «Rapport marchand et rapport pédagogique». Par la suite, je reprendrai les principes éthiques mis de l'avant par la Société pour l'avancement de la pédagogie dans l'enseignement supérieur dont je fais partie depuis mon Prix 3M. Avec du recul, je me trouve un peu intense dans mes interventions qui ont dû en faire sourciller plusieurs, bien qu'aujourd'hui je ne renie aucunement mes propos.

Automne: L'Amicale, qui tient un autre repas mycologique le dimanche 3 octobre grâce aux talents culinaires des Ribordy, a décidé de produire un autre calendrier pour 2005 . Le thème choisi pour illustrer chaque mois sera celui des polypores que nous avons en abondance à Sudbury. En dernière page du calendrier, on annonce fièrement que nous comptons 310 espèces dans notre herbier alors que l'année précédente on en dénombrait 250. La saison 2004 aura été bonne. Cela dit, les ventes plus difficiles du calendrier mettront un terme à ce projet que l'on aurait souhaité à nouveau répéter.

16 novembre: Nous avons une deuxième petite-fille avec la naissance de Justine Gaudreau. Pour une fille, elle est très grande. Sur ce site, on trouvera une page qui lui est consacrée et qu'elle a rédigée avec moi.

24 novembre: Dans un courriel adressé à notre éditeur, Yvon Mallette des Éditions David, on lui souligne notre stupeur de constater que, dans les épreuves envoyées, les nombreuses notes accompagnant la correspondance publiée n'ont pas été portées en fin de l'ouvrage, comme nous le souhaitions, mais en bas des pages. Même si en tant qu'historien j'ai toujours insisté pour que de pareilles notes présentes dans les travaux étudiants et mes publications soient déposées en bas des pages, il m'était apparu évident que ce genre d'ouvrage d'une longue conversation entre deux poètes ne devait pas être pollué par un appareil de notes, certes nécessaire, mais qui s'adressait seulement aux spécialistes. Suivront de longs et difficiles échanges avec notre éditeur, (dont une longue réplique d'Yvon datée du 26 novembre) qui a tenté de défendre le point de vue du regretté Yvan Lepage qui, aux Éditions David, a pris le relais de Réjean Robidoux et Marc Pelletier. C'est finalement par téléphone, un peu avant Noël que, sous la menace de retirer notre manuscrit, Yvon a accepté, de guerre lasse, notre point de vue. Dès le début janvier, une nouvelle mise en page du livre sera entreprise.

Décembre: Pour Noël, on descend rue Chambord, on y reçoit la famille et on voit nos amis dont Éric et Judith.

2005

Devant l'importance grandissante de l'Internet, l'Amicale décide de se doter d'un site web identifié sous le vocable «mycosudbury.com». Le site profitera de travaux pratiques imposés à une classe d'étudiants du Collège Boréal pour prendre forme sans engager de frais. J'ai tout à apprendre et quelques décisions importantes doivent être prises, notamment quant à sa structure qui reposera finalement sur une double entrée, soit par nom ou par famille de champignons. L'objectif principal est de rendre accessible à tout le monde notre inventaire. Si mon souvenir est bon, il sera lancé au cours de l'été 2005. Malheureusement disparu aujourd'hui, car l'Amicale n'est pas parvenu à se renouveler après nos départs, ce site ne peut être évoqué que comme un souvenir bien éphémère, mis à part un montage photographique que j'ai conservé des 41 polypores et champignons poussant sur les arbres que contenait le site. Cela dit, l'idée de créer sur Internet ne cessera plus de m'interpeler, avec toujours ce constat de ne pas rejoindre un public assez grand.

Février:L'année 2005 sera une année faste pour moi avec la publication de trois livres, dont deux sont publiés au cours de la session d'hiver 2005. Le premier à paraître à la fin du mois est celui sur les femmes et les familles nord-ontariennes, qui témoigne non seulement de mon enseignement mais aussi d'un intérêt pour un champ de recherche que je refuse candidement de laisser aux seules historiennes.

Fin mars: Enfin paraît notre ouvrage sur la correspondance entre Harry Bernard et Alfred DesRochers. Un gros merci à Yvan Lepage qui, malgré notre différend sur la place que devaient occuper les notes, nous a accompagnés jusqu'au bout avec son expertise et ses nombreuses remarques et corrections. La lecture de son courriel du 13 décembre 2004 donne une toute petite idée de la finesse de ses interventions dans le manuscrit.

1er Avril: Journée de l'ACFAS-Sudbury, on y présente notre texte sur l'histoire du bolet tandis que sont lancés les Actes de l'ACFAS de l'année précédente. Je me répète à dessein: grâce au travail très ingrat mais efficace de Micheline, Sylvie et Patrice, des auteurs peuvent se mettre en évidence et faire voyager leurs idées.

Mi-avril: Micheline et moi montons à Val-d'Or afin de célébrer le 80e anniversaire de mon père. Louis-Philippe et sa famille nous y rejoignent. Mon père et Lucienne font connaissance avec Justine.Heureusement que Micheline a tourné un film qui rappelle de beaux moment avec la famille et mon père.

Pendant le séjour nous nous arrêtons à Malartic afin de récupérer des archives minières ontariennes dont a hérité le gouvernement du Québec. Dans le cadre de la faillite d'une société aurifère qui s'avérait être une lointaine descendante de la Lake Shore Gold Mines et de la Wright-Hargreaves Gold Mines de Kirkland Lake, le responsable québécois du ministère des richesses naturelles, M. Réal Marcotte, en tant que responsable et dépositaire de ces archives, me les cède.

Début mai: Remise de mon rapport annuel.

Micheline n'est pas parvenue à s'entendre avec le recteur de l'Université de Sudbury où elle s'occupait, depuis un an, du nouveau programme de communication. Après des négociations avec l'Université Laurentienne, elle a décidé de prendre, à compter du 1er juillet, une pré-retraite en vertu d'une entente de 5 ans qui lui permettra de bonifier son modeste fonds de pension.

Été: L'inventaire des champignons nous occupe toujours autant, mais on prendra bien le temps de descendre à Montréal pour le baptême de Justine.

Micheline et moi vendons la maison achetée dans le Nouveau Sudbury en 1991 le même prix que nous l'avions payée. Les locataires nous ont permis de rembourser notre hypothèque. Les liquidités recueillies permettent de rêver à quelques avenirs possibles.

Louis-Philippe et sa petite famille nous rendent visite à Sudbury. On fait un pic-nic au lac Ramsay et «Speilberg Tremblay» a croqué l'événement!

Fin août: La nouvelle rédactrice en chef de L'Orignal déchaîné, Amélie L. Dugas, m'a demandé de poursuivre mes chroniques sur éthique de l'enseignement. J'ai accepté en lui proposant de discuter de différents problèmes issus de ma pratique universitaire. Devant le peu de respect de plusieurs collègues pour la question éthique, je présenterai mes chroniques un peu comme des devoirs auxquels on devrait idéalement soumettre tout le personnel enseignant. Malgré les précautions prises à l'écrit, qui sont pour la galerie, je demeure encore trop intransigeant!

2 septembre: La mère de Micheline, hospitalisée depuis quelque temps à la Cité de la santé, est morte à l'âge vénérable de 89 ans. Marjolaine vient aider Micheline à faire le tri de ses effets personnels. Je suis bien content qu'elle soit là pour cette étape éprouvante du deuil. Certains des effets personnels de la belle-mère trouveront refuge rue Chambord.

Septembre: Une nouvelle session s'amorce avec la routine habituelle des plans de cours à revoir, des espoirs de retrouver dans chaque cours de belles intelligences étudiantes. Il y a aussi une demande de congé sabbatique anticipée, car je tiens absolument à profiter de la retraite de Micheline et à m'éloigner du stress de l'enseignement afin de mieux contrôler mon diabète. Tels sont les motifs évoqués auprès de mon doyen. Déjà, je laisse entrevoir l'idée de prendre une retraite anticipée à 55 ans.

C'est dans mon cours de 4e année que je compte le plus d'étudiants, soit 19. C'est un cours d'histoire sociale que je maîtrise fort bien. Si les concepts élémentaires du marxisme sont abordés comme à l'habitude, cette année j'ai décidé de les faire travailler sur les mineurs de Kirkland Lake en exploitant chacun une partie des fiches d'embauche et de service de la plus importante société minière de Kirkland Lake, la Lake Shore. Fiches qui couvrent plus de 10000 dossiers de travailleurs. Chaque étudiant fera ɶuvre d'historien en confrontant la théorie avec la réalité historique.

Peter Newmann à qui j'ai soumis mon texte sur l'histoire du bolet souhaite le publier dans Le Mycologue, la revue du Cercle des mycologues de Montréal. Il m'invite d'abord à le présenter lors d'une conférence au Jardin Botanique de Montréal.

25 septembre: C'est jour de l'anniversaire du drapeau franco-ontarien; une célébration a lieu à l'Université de Sudbury animée par l'auteur et homme de théâtre Jean-Marc Dalpé. Quelques jours plus tôt mon collègue Gaétan Gervais, à qui on doit la copaternité de ce symbole, maintenant omniprésent en Ontario français, a apporté dans son bureau un des deux drapeaux originaux de 1975 confectionnés à la main. Quel beau souvenir de cet homme qui, en 2017, est maintenant grabataire et n'est même plus l'ombre de lui-même.

En cette occasion, le livre que j'ai dirigé sur l'histoire du drapeau est lancé. J'y fait un petit discours sur le formidable accueil que l'Ontario français m'a réservé à mon arrivée en 1987. L'événement est brièvement relaté dans un article de L'Orignal déchaîné.

Fin septembre: Je dépose au bureau du doyen une demande d'augmentation au mérite, comptant sur les trois livres publiés en 2005. À mon grand étonnement, cette demande que je considère toujours légitime, a été refusée par les collègues siégeant sur le comité. Entre les branches, j'ai appris qu'on avait considéré que j'en avais déjà eu quelques-unes et qu'il ne fallait pas en abuser! Ce refus m'a profondément meurtri et m'a fait perdre mes dernières illusions sur l'équité des universitaires!

Mi-octobre: Micheline et moi descendons à Ottawa pour le Salon du livre de l'Outaouais. On n'y rencontre notamment Yvan Lepage qui a tant fait pour notre livre Conversation poétique. Yves Lefier vient nous voir au Salon et nous informe qu'il a des ennuis de santé qui, on le saura plus tard, vont s'aggraver. Ce cher Yves va en mourir moins de deux ans plus tard.

Pendant notre séjour on couche chez Marjolaine et Michel dans leur maison rue Cousineau. À ce moment-là, Marjolaine transpire de bonheur. On profite aussi de l'occasion pour souper dans un restaurant indien avec elle, André et Guillaume. De beaux moments!

20 octobre: De retour à Sudbury, une dernière virée dans nos bois de cèpes nous en donne encore six. Réchaufement climatique oblige!

Décembre: J'apprends que j'ai obtenu ma sabbatique en 2006-2007 et cela me donne des ailes.

16 décembre: Si je prends le temps de dire quelques mots sur l'évaluation du dossier d'un collègue, c'est que je peux maintenant en parler librement puisque ce collègue, membre du personnel de la Bibliothèque, Alain Létouneau, est décédé l'été suivant des suites de problèmes cardiaques, ce qui m'autorise à lever le voile sur ce volet des activités de professeur. Volet que je préférais dissimuler jusqu'ici en raison de la confidentialité exigée. On lira mon évaluation soumise au comité du personnel le 16 décembre.

Peu de temps après, on descend à Montréal rue Chambord afin de célébrer Noël et le Nouvel An.

Cette année-là, Micheline et moi avons trouvé un magnifique cadeau pour Camille, un coffre avec tout le nécessaire pour habiller une princesse.

Rendant visite à Louis-Philippe et Nathalie, rue Meunier à Laval, Micheline prend une fort jolie photo de Justine que grand-papa a fièrement reprise comme photo d'écran de son ordinateur au bureau!

2006

Nouvel-An: Comme le veut notre tradition, on fête le Nouvel-An avec André et Guillaume à Verdun. Le lendemain, on repart pour Surbury.

Janvier: Ayant obtenu des sous de la Laurentienne et en investissant une partie de ses économies, l'Amicale des mycologues de Sudbury se dote d'une mycothèque vitrée qu'on installe dans le hall d'entrée du pavillon des sciences. La mycothèque, accessible à tout le monde en tout temps, expose de manière permanente une cinquantaine d'espèces, pour beaucoup des polypores, identifiées en latin, en français et en anglais. En 2017, on peut encore la voir.

26 janvier: L'inauguration officielle de la mycothèque, comme l'indique une invitation adressée aux membres de l'Amicale.

Février: Après quelques examens médicaux qui n'ont rien diagnostiqué, Micheline souffrirait de fibromyalgie, maladie dont les symptômes varient beaucoup d'une semaine à l'autre. Pendant les Olympiques d'hiver de Turin, elle passe une partie de ses journées couchée pour prendre du mieux vers la fin de l'après-midi

Pendant la semaine de relâche, je pars quelque peu inquiet avec la SHEUL à Winnipeg, dans le cadre d'un cours de voyage d'études qui se déroule fort bien, malgré une tempête qui retarde de 36 heures notre départ de Toronto. Je revois avec plaisir Michel qui me semble avoir pris un coup de vieux et certains anciens collègues. J'y donne une conférence dont j'ai gardé le texte. Par la suite, deux étudiants publieront un joli compte rendu du voyage dans L'Orignal déchaîné.

Au retour, l'avion de Toronto à Sudbury tourne pendant 20 minutes autour de l'aéroport sans pouvoir se poser, en raison du mauvais temps. Fatigué après ces journées très demandantes et craignant de devoir retourner à Toronto pour y passer la nuit, j'implore ma sɶur Céline de me venir en aide. Si elle m'exauce, je lui promets d'aller chez le dentiste une fois par année. Lourde promesse pour moi qui déteste les dentistes. Eh bien croyez-le ou non je vais chez mon dentiste à chaque année depuis ce jour car le pilote, dans une ultime tentative, profite d'une éclaircie entre deux nuages et fait brusquement atterrir l'avion!

15 mars: Au Jardin botanique de Montréal, je donne ma conférence sur l'histoire du bolet et de la mycologie devant une cinquantaine de personnes invitées par le Cercle des mycologues de Montréal. Je conserve l'impression d'un accueil chaleureux de sorte que je ne réalise pas qu'elles ont peu l'habitude d'une approche ethnomycologique et qu'elles préfèrent, pour la plupart, les distinctions entre tel et tel champignon ou encore l’observation de nouvelles espèces, etc.

Après la rencontre, le directeur scientifique du Cercle, Peter Newmann, me laisse encore croire qu'il publiera mon texte dans leur revue, Le Mycologue. On m'invite également à reprendre ma conférence en anglais et en français à la rencontre des clubs de mycologie du Nord-Est de l'Amérique du Nord au Lac Bouchette au Lac-Saint-Jean en septembre. Quelques mois plus tard, j'apprendrai que mon texte ne sera pas publié.

Mars-avril: Micheline et moi avons décidé de louer la maison en Provence d'une collègue du département de français et membre de l'Amicale des mycologues, Chantal Chivot. Nous lourons pendant quatre mois de la mi-septembre à la mi-janvier. Dieter, qui avait loué sa maison auparavant, nous en avait parlé en grand bien.

Avril: C'est en simple spectateur que j'assiste à la Journée du savoir de l'ACFAS-Sudbury, car l'Amicale n'y participe pas cette année. En revanche, deux de mes étudiantes, Amélie L Dugas et Émily Reynolds y présentent leur mémoire de spécialisation et se méritent chacune un prix.

Lors de cette Journée du savoir, Serge Dupuis, un des 19 étudiants du cours de 4e année, présente sa recherche sur les mineurs polonais de la Lake Shore. Parmi ceux m'ayant remis d'excellents travaux, il y a Sophie Blais et Kevin Auger à qui je propose de développer un sujet de mémoire de spécialisation que je m'engage à superviser à distance depuis Montréal et Vacqueyras en Provence. Je leur propose, en outre, que leur texte respectif fasse partie d'un projet de livre sur les mineurs de Kirkland Lake et dans lequel je rédigerais les autres chapitres.

Début mai: Remise de mon rapport annuel.

27 mai: Déménagement à Montréal rue Chambord afin d'y passer la sabbatique.

Juin: Dès le mois de juin, je suis en contact régulier par courriel avec Kevin et Sophie afin de les accompagner dans la constitution et l'organisation de leur dossier de recherche.

4 juin: J'écris à Dieter un courriel dont voici un extrait: Ici l’installation va bon train. Je travaille sur mes mineurs de la Lake Shore (j’ai déjà 15 pages de rédiger depuis mon arrivée), sur la toilette, sur l’organisation de la maison. Montréal me va très bien, puisque mon taux de sucre est très bon. Mais il reste tellement de choses à faire.[...] Je réfléchis à du demi-temps pour mon retour. Enseigner une session sur deux, conserver une pleine participation au fonds de pension et recevoir un demi-salaire me conviendrait parfaitement.

15 juin: Je me désiste du comité de maîtrise de Stéphanie Saint-Pierre, étant incapable d'assister à sa soutenance prévue au début septembre, m'étant déjà engagé à donner deux conférences mycologiques au Lac Bouchette.

Été: En prévision d'un séjour de quatre mois en Provence, je m'active à préparer mes dossiers de recherche sur les mineurs de Kirkland Lake qui seront apportés là-bas, en numérisant des dossiers et en compilant de nombreuses données. Il y a aussi le mémoire de maîtrise de Denise Quesnel que je supervise et dont il faut apporter les dernières corrections et nuances avant le dépôt.

Fin août: Départ en bus pour Sudbury afin d'assister à la soutenance de Denise qui se déroule fort bien. Je profite de mon court séjour pour rencontrer Sophie et Kevin alors que Dieter m'a offert l'hospitalité.

Début septembre: Peter Newmann m'offre de monter avec lui au Lac Bouchette pour assister à la rencontre des clubs de mycologie et y présenter ma conférence en français et en anglais sur l'histoire du bolet. Les discussions avec quelques mycologues américains m'ont plu de même que pouvoir faire davantage connaissance avec les mycologues montréalais.

À mon retour à Montréal, j'écris à François: « La rencontre des clubs de mycologie au Lac-Saint-Jean s’est bien déroulée. Je pense bien vous avoir fait honneur. On s'en reparlera lors de votre visite et des difficultés d’assurer la relève de notre club sudburois.»

En vue d'un départ pour la Provence, Micheline décide de vendre sa fourgonnette qui nous a accompagnés pendant 12 ans. Après quelques réparations et plusieurs démarches, ce sera chose faite.