Juillet 2007-décembre 2008: 18 mois très fructueux

Juillet 2007: Tout en mettant la dernière main à mon projet de livre électronique, c'est le début de mon implication dans le projet d'une histoire de l'Université Laurentienne avec mes collègues du département, Matt Bray, Gaétan Gervais, Linda Ambrose et Sara Burke. Peu de temps après, j’apprends par Matt que Gaétan, qui devait initialement rédiger la partie consacrée aux origines de la création de l'Université Laurentienne, s’est retiré du projet et que ce dossier m'incombera. Assez rapidement, on se rend bien compte de l'ampleur de la tâche et de la nécessité d'élargir notre équipe de rédaction. Ce sera Donald Dennie qui relèvera ce défi en acceptant de se joindre à nous. Cela dit, moi qui n'enseignerai pas à l'automne ne peux guère se plaindre.

Été: Il y a quelques sorties mycologiques estivales avec l'Amicale qui ont laissé cependant fort peu de traces. Mais notre herbier a continué heureusement de s'enrichir, comme ce fut le cas le 13 juillet grâce à une nouvelle variété de coprin, illustrée ici. Pour le reste, c'est le train-train habituel avec mes marches quotidiennes à l'université émaillées de cueillette de champignons et suivies, lors de mon retour à la maison, d'une baignade au lac Ramsey. Je me sens extrêmement serein.

Début septembre: Mise en ligne, sur le site institutionnel de la Laurentienne, de notre livre électronique, Les hauts et les bas des mineurs de Kirkland Lake. Comme le dit l'avant-propos: «Voici un ouvrage évolutif qui cherche d'une part, à profiter des commentaires que suscitera sa lecture et d'autre part, à s'enrichir des recherches et lectures entreprises ultérieurement par les auteurs. Les idées et les interprétations proposées cesseront ainsi d'être figées sur papier...». Derrière cette publication se profile toujours mon obsession d'élargir le public et de profiter d'un nouveau lectorat pour bonifier le texte. Bien qu'il m'arrive de penser que j'étais peut-être trop en avant de mon temps, ce sera un échec complet car l'ouvrage passera totalement inaperçu.

Si je n'ai aucune charge de cours à l'automne, je participe néanmoins aux réunions du programme d'histoire en continuant à rédiger les procès-verbaux. Deux réunions se tiennent en septembre, soit le 7 et le 21; deux autres auront lieu en novembre, soit le 2 et le 9.

Mi-septembre: Je présente une communication au département, soit un bref aperçu de l’histoire de la mycologie à partir de deux champignons, l’amadou et le bolet.

4-7 octobre: Voyage à Val-d’Or chez mon père et Lucienne, rue des Plaines. Je rencontre les gens de la société historique de Val-d'Or. En cette occasion, Suzette reçoit toute la famille chez elle avec une superbe fondue au doré!.

Fin octobre: voyage à Montréal avec un retour à Sudbury le 31.

1er novembre: Tellement heureux de ne pas enseigné ou plus précisément de ne pas devoir procéder à des évaluation d'étudiants au cours de l'automne, je demande à mes collègues leur appui afin de pouvoir à nouveau racheter six crédits au cours de l'année universitaire 2008-2009. J'obtiendrai leur appui, puis celui de mon doyen, et quelques semaines plus tard, soit après la confection de la grille horaire des cours de 2008-2009, j'apprendrai que c'est à la session d'hiver 2009 que je serai à nouveau exempté d'enseignement.

Novembre: Je transmets discrètement à Yvon Mallette, des éditions David, une copie du recueil de nouvelles que Micheline vient de terminer. Je crois beaucoup à sa première ɶuvre de fiction et je ne m'y étais pas trompé puisqu'en décembre, Yvon nous apprend qu'il accepte de publier ce qui deviendra La fille du concierge et qui connaîtra un beau succès de librairie avec son millier d'exemplaires vendus.

22 novembre: Micheline reçoit une excellente nouvelle: un jugement de cour ordonne que la Fiducie Desjardins quintuple les versements des rentes annuelles versées aux héritiers de son oncle Romuald dont elle fait partie. Elle en est d'autant plus fière que c'est elle qui a initié cette démarche auprès de la Cour et qui a trouvé les fondements juridiques pour une réévaluation des sommes versées.

25 novembre: J'écris un courriel au mycologue Raymond McNeil. Sans le savoir, je fais la connaissance d'un membre du conseil d'administration du Cercle des mycologues de Montréal où j'allais siéger en 2009.

10 décembre : Je termine une première version complète de l’histoire de l’enseignement en français de la Laurentienne. Cette version m'a incité à mener un sondage dans tous les départements de la Laurentienne afin de mesurer le degré de bilinguisme du corps professoral. Ce sondage deviendra le tableau 13.2 de la version finale.

Décembre: Bryan Palmer de la revue Labour/Le Travail m'informe que mon article sur les absences au travail a été accepté. «The two reviewers were most laudatory about your article and have little demand...».

Séjour à Montréal pour les Fêtes; on reçoit les enfants le 23 décembre. Marjo et Étienne viennent non accompagnés.

2008

Début janvier: Des discussions en vue de ma retraite avec le vice-recteur Harley d’Entremont sont entreprises. Dès le 4 janvier, je lui transmets mes demandes en vue d'établir une période de pré-retraite de quelques années qui me laisserait un peu de sous, une fois que j'aurai payé la part de l'employeur et de l'employé des cotisations annuelles de mon fonds de pension. L'entente se conclut quelques semaines plus tard de sorte qu'en décidant de prendre une retraite ou plutôt une pré-retraite en juillet 2009, l'année 2008 devient ainsi la dernière de mon enseignement, ayant obtenu un rachat de crédits pour l'hiver 2009.

Fin janvier: j’ai terminé la première version complète des origines de la Laurentienne. Je me mets dans la recherche et la rédaction pour un autre projet de livre, celui-ci en enthnomycologie et en collaboration avec les Ribordy. La base de ce projet est composé de nos conférences antérieures qu'il faut étayer tout en ajoutant de nouveaux chapitres. L'un deux, encore une brillante idée de François, est sur l'ergot de seigle dont je me suis engagé à présenter une conférence au Cercle des mycologues de Montréal.

Début février: Je confie à François Ribordy: «Comme nous quittons Sudbury en décembre 2008, je viens en quelque sorte de compléter mon dernier mois de janvier à Sudbury. Cela me fait tout drôle.»

Hiver: La Société historique du Nouvel-Ontario m'offre la possibilité de produire un ouvrage qui serait le 100e de leur collection. Je relève le défi en comptant produire avec mes étudiants un autre livre sur la forêt.

7 février : Micheline et moi mettons en branle le processus de vente de notre maison rue David. Pour ce faire, on a recours au service d'un inspecteur en bâtiments qui viendra cette journée-là. Il nous laissera un rapport d'inspection qu'on estime utile afin de procéder sans courtier immobilier à la vente de la maison.

Mars: Revoyant une photo prise en mars 2008 dans mon bureau, je me fais peur tellement je suis amaigri. Ma lutte contre le diabète a laissé des traces et je me dis que mes collègues et l'administration, m'ayant vu dans cet état, ont peut-être été encore plus enclins à m'accorder mes rachats de crédits et ma retraite.

Début mars: La vente de la maison a pris seulement deux jours car un nouveau collègue du département s'en est immédiatement porté acquéreur. On devra quitter la rue David à la mi-juin.

22 mars: Cette journée-là, je fais le point avec François sur notre ouvrage en préparation. Je suis alors emballé par cette recherche dans un nouveau champ de connaissance qui m'ouvre les horizons.

Avril: Nous avons quelques entrevues afin de combler deux postes en histoire menant à la permanence. Les choix à faire sont déchirants car des candidats déjà embauchés pour des contrats à durée limitée ont postulé tout comme de solides candidatures féminines dont le programme a grand besoin. Finalement Benoît Grenier et Amélie Bourbeau seront choisis. Par la suite, dans un courriel confidentiel que je préfère ne pas dévoiler, j'ai longuement exposé à ce sujet mon point de vue au doyen le 14 avril. Cela dit, mon départ de Sudbury est d'autant plus agréable que j'ai alors la certitude que notre programme d'histoire est dorénavant entre bonnes mains. Quelques mois plus tard, c'est ce que j'exprime à Michel Bock, un ancien étudiant devenu professeur d'histoire à l'Université d'Ottawa: «Benoît Grenier et Amélie Bourbeau ont été embauchés chez nous. Gaétan et moi pouvons quitter sans trop se soucier. On pense bien qu'ils pourront faire comme nous et faire progressivement du Nord et de l'Ontario français un de leurs objets de recherche.» Je ne savais pas cependant que l'histoire allait me donner tort.

10 avril: Accompagné de Micheline, je prononce ma conférence sur l'ergot de seigle au Jardin botanique de Montréal devant une vingtaine de personnes. François ayant obtenu d'un laboratoire suisse quelques épis de seigle ergoté, j'en fais circuler pendant la conférence.

17 avril: Un courriel aux membres de l'Amicale des mycologues de Sudbury annonce un nouveau départ pour notre club. La formule testée la saison précédente, qui demandait une implication scientifique des membres, n'ayant pas fonctionné on revient à celle antérieure. Comme pour le programme d'histoire, j'ai le sentiment que notre club, avec l'arrivée de Thierry Bissonnette, a de l'avenir. Ici encore j'allais me tromper.

Mai: Remise de mon rapport annuel au doyen.

Lancement à Sudbury, dans le cadre du salon du livre, du recueil de nouvelles de Micheline La fille du concierge. Yvon Mallette est venu d'Ottawa pour l'occasion.

Fin mai: L'ouvrage collectif en histoire forestière prend corps: il sera constitué de trois de mes articles, de deux autres signés par Pierre Ouellette (un premier sur les approvisionnements de bois en reprenant des parties de son mémoire de maîtrise et un autre sur l'épisode de Reesor Siding qu'il avait examiné dans le cadre de son mémoire de spécialisation), d'un texte de Daniel Bouchard qui reprend certains éléments de sa thèse de doctorat. Le septième texte sera inédit et rédigé par ma collègue de l'Université de Hearst; il portera sur les permis de coupe des colons. À la fin du mois je demande à Daniel et Pierre Ouellette de me renvoyer une version WORD de leurs recherches respectives pour que se fasse un tri des sections de leurs mémoires qui seraient pertinents.

Mi-juin: C'est le coeur gros qu'on quitte notre belle maison de la rue David. On se départit d'une grande maison pour s'installer dans un petit condo montréalais. C'est le prix à payer pour croire au slogan «Liberté 55»! Cela dit, Micheline est fort heureuse de retrouver Montréal pour de bon. Provisoirement on doit aussi se trouver un logement à Sudbury pour la session d'automne et je le trouve dans le même édifice où j'étais demeuré à mon arrivée en 1987, rue Drinkwater. Pour ces deux déménagements, nos trois enfants viennent nous aider. Louis-Philippe est monté avec Marjo -il conduira le camion au retour vers Montréal- et même Étienne, qui ne nous a pas prévenus de son arrivée, se joint à nous pour filmer une dernière fois la maison et nous donner un coup de main.

Sur un autre plan l'argent touché pour la vente de la maison rend certes possible cette pré-retraite extrêmement coûteuse en garantissant une sécurité financière minimale.

Juin: On s'installe à Montréal.

17-23 juillet: retour à Sudbury pour quelques jours afin notamment de rencontrer ma dernière étudiante que je supervise au niveau du mémoire de spécialisation.

L'idée de ma fête de retraite est fixée à cette période car j'ai engagé mon ami André Perrier comme metteur en scène et on a réservé le samedi 6 décembre au Carrefour Richelieu.

Fin juillet: Normand Fortin nous a invités à La Pocatière afin que je donne une conférence dans le cadre de son école d'été de l'Université de l'Alberta. Je profite de l'occasion pour y présenter le canevas d'un autre chapitre de notre ouvrage en préparation: « Ces champignons compagnons de notre humanité : réflexion ethnomycologique sur l’homme d’Ötzi, la "momie des glaces"».

Les articles de Daniel Bouchard et de Pierre Ouellette de l'ouvrage en histoire forestière nord-ontarienne prennent corps. Afin d'avoir une vue d'ensemble de l'ouvrage, il faut attendre le texte de Danielle Coulombe qu'elle terminera en septembre.

Fin août: Retour à Sudbury.

3 septembre : Ouverture de la Librairie du Nouvel-Ontario rue Durham. J'ai beaucoup cru à ce projet d'une librairie franco-ontarienne au centre-ville et j'y ai même investi 2000$. Lors de l'aménagement de la librairie pour laquelle je donnerai un coup de main, je me ferai une hernie discale qui me fera terriblement souffrir tout l'automne.

Cette même journée je transmets à Kathy Killoh de la revue Labour/Le Travail mes corrections des épreuves de mon article sur les absences au travail qui paraîtra deux mois plus tard.

Automne: Parution dans la revue MENS d'un compte rendu en histoire littéraire que Micheline et moi avons rédigé l'année précédente. C'est -et de loin- le compte rendu le plus étoffé que j'ai publié et probablement celui dont je suis le plus fier.

J'ai maintenant un plan complet et détaillé de l'ouvrage que je dirige en histoire forestière. Mon collègue Benoît Grenier, responsable de la Société historique du Nouvel-Ontario, lira le manuscrit et me proposera de modifier l'ordre de présentation des textes. Je suivrai sa recommandation.

20 octobre : Je propose sans succès notre plan d'ouvrage ethnomycologique aux Éditions Michel Quintin.

24 octobre : Dans le cadre d'une table ronde de l'Association canadienne d'histoire de l'Éducation qui se tient à Sudbury, je profite de mes recherches sur l'histoire laurentienne pour présenter une communication intitulée: «L'évolution des structures administratives francophones de la Laurentienne ou la nécessité d'une université franco-ontarienne».

10 novembre : Présentation au département de ma conférence sur l’ergot de seigle.

16 novembre: Je fais parvenir à plusieurs de mes anciens étudiants et étudiantes dispersés aux quatre coin de l'Ontario français des précisions quant à ma fête de retraite du 6 décembre.

19-24 novembre : Voyage à Montréal pour le salon du livre et séance de signature pour le recueil de nouvelles de Micheline.

Début décembre: Pour mon cadeau de retraite, Micheline m'a offert une belle toile de l'artiste sudburoise Alison Storey qui évoque des scènes moyenâgeuses.

Je donne alors mes derniers cours de ma carrière et j'en ai conscience. Ce n'est pas d'être en classe qui a fini par peser sur moi, ni les nombreuses discussions dans mon bureau avec les étudiants et étudiantes. C'est ce qui vient toujours après le cour, soit les corrections qui me pesaient le plus et la rareté de la clientèle étudiante.

6 décembre : C'est ma soirée de retraite à laquelle assistent une centaine de personnes et de nombreux étudiants et étudiantes. Le discours que j'y prononce rend hommage à l'Ontario français qui est le thème de la soirée. Afin d'éviter de devoir fêter ma retraite avec des collègues que j'affectionne peu, j'ai préféré organiser cette soirée en lançant moi-même des invitations adressées uniquement à la communauté franco-ontarienne sudburoise et laurentienne. La tenue de cette soirée a déplu à certains collègues car lors de la fête de Noël du département deux jours plus tôt, on fêta certes le départ de Gaétan, mais sans faire aucune allusion au mien!.

Cela dit, j'ai mis sur You Tube deux extraits du bien-cuit qu'on a bien voulu me faire et je vous invite à visionner l'intervention de Miriam Cusson et celle d'Yvon Gauthier afin de saisir l'athmosphère qui y régnait.

11 décembre: Nous quittons Sudbury pour Montréal avec la voiture pleine de bagages. Nous devrons cependant revenir au début janvier pour compléter notre déménagement.

Au cours des Fêtes 2008, nous irons rendre visite avec Louis-Philippe et sa famille à ma mère et son chum Gérard à Grand-Mère.

Ces 18 mois, qui sont sans doute les plus productifs de ma carrière, me donnent alors l'impression de quitter la tête haute.