2009: une autre année charnière

31 décembre : Pour le réveillon du Jour de l’An on rejoint André et Guillaume à Verdun afin d’y célébrer le Nouvel-An. L’année de retraite commence plutôt bien.

Janvier : Bien qu’à la retraite, j’ai fort à faire afin de compléter notre manuscrit d’ethnomycologie. Plusieurs démarches doivent être entreprises pour obtenir des autorisations afin de reproduire certaines illustrations qui ont déjà été publiées ailleurs. L'autorisation dont je suis le plus fier est celle de Moulinsart qui, en janvier, me donne, sans frais, le droit de me servir de la page couverture de L’Étoile mystérieuse de Tintin.

Un nouveau rythme de vie s’installe pour de bon : je lis à tous les soirs avant de me coucher et parfois le matin quand je me lève trop tôt. Maintenant j’ai le temps de faire autre chose que de lire pour ma carrière ou pour mes étudiants. Lire pour le plaisir: quel bonheur! Cette année-là, je découvre à la Bibliothèque municipale du quartier une série que je vais adorer : Le trône de fer.

21 janvier : Je redonne ma conférence sur l’homme d’Ötzi au Jardin botanique de Montréal, en tant que conférencier du Cercle des Mycologues de Montréal. Une vingtaine de personnes assistent à la présentation.

Fin janvier : Confortablement installé dans mon salon rue Chambord je prononce une conférence sur la contribution de Gaétan Gervais au développement des programmes en français de la Laurentienne. Micheline filme ma prestation qui sera diffusée à Sudbury le 30 janvier.

23 février : En fin de soirée, je pars en bus pour Sudbury afin de participer, le lendemain, à la soutenance de MA dernière étudiante Sophie Blais. La soutenance se déroule fort bien. Après un excellent souper chez Dieter, je repars en bus dans un autre trajet de nuit vers Montréal.

Fin février : Micheline et moi sommes assurément des privilégiés car nous partons pour 3 mois en vacances en Dordogne. Micheline, qui a un attachement particulier avec Périgueux, m'a convaincu de passer six semaines dans cette ville, puis de demeurer encore sept autres semaines à Eymet, au sud de Bergerac!!! Avant de partir, au cas où la Grande Faucheuse voudrait de moi, je termine une révision complète de notre manuscrit ethnomycologique que je transmets à Annette et François qui sont alors en Suisse.

28 février : Arrivée à Périgueux où dès le lendemain on assiste au défilé du Carnaval de Périgueux. Assez rapidement je découvre le passé lointain de Périgueux qui s'appelait au temps des Romains, Vesunna. Rappelons, par ailleurs, que ce séjour a fait l'objet d'un récit de voyage composé à chaud et qu'on peut consulter ailleurs sur ce site.

Mars: Étant donné que mon manuscrit en histoire forestière doit sortir des presses en mai, une longue correction des épreuves m'attend et monopolise beaucoup de mon temps au cours des premières semaines. Je me revois encore à l’ordinateur sur la petite table de la cuisine à Périgueux. Il n’y a pas d’Internet sur place et je dois régulièrement me rendre à un café au centre-ville de Périgueux pour récupérer et envoyer des courriels.

14 mars : Micheline et moi partons pour une semaine rendre visite à Jean-Claude et Alexandre qui ont loué un gîte en Haute-Provence dans la région de Nyons. On se fera un plaisir de revoir notamment le superbe marché de Vaison-la-Romaine que nous avions tant apprécié en 2006. On rendra également visite à Jean-Michel à Gigondas. Rendus à son bar «Les Copains d'abord», on se rend compte que c'est sa blonde Marie-Josée qui sert les clients tandis que Jean-Michel travaille maintenant aux cuisines. Le couple en avait décidé ainsi.

11 avril : On quitte Périgueux pour un gîte beaucoup plus spacieux à Eymet. Jean-Claude et Alexandre nous y accompagnent pour les semaines restantes. On aura également de la place pour un autre couple d'invités supplémentaire. Quel contraste avec le petit logement de Périgeux! Et pour la première fois, j'ai une connexion internet au gîte qui sera grandement utilisée!

24 avril : Afin de faciliter la transition vers une nouvelle vie montréalaise dans laquelle je serai privé de tout mon réseau de Sudbury, j'ai proposé ma candidature comme membre du conseil d'administration du Cercle des Mycologues de Montréal. Je suis élu in absentia ce jour-là.

25 avril: Arrivée d'Étienne et de sa blonde Suzanne pour un séjour de deux semaines.

10 mai : Lancement à Hearst, dans le cadre du Salon du livre, de l'ouvrage que j'ai dirigé Les activités forestières dans le Nouvel-Ontario au XXe siècle.

Mi-mai : André et Guillaume viennent passer deux semaines à Eymet avec nous.

21 mai : Faisant la queue aux Eyzies afin de trouver des billets pour visiter une des grottes des environs, on amorce une conversation avec un couple de Français qui, sans que l'on sache, achèteront des billets pour la visite de la même grotte à la même heure, soit le Font-de-Gaume. On les y retrouvera en après-midi avec plaisir afin de poursuivre la conversation. Vivant à Avranches en Normandie, ils nous vantent les mérites de leur région alors qu'on s'échange nos adresses courriel. Ce sont Guénola et Michel qui deviendront nos amis.

30 mai : Retour à Montréal.

1er juin : J'assiste à ma première réunion du conseil d'administration du Cercle des Mycologues de Montréal. On m'assigne une tâche ingrate, celle de la gestion des livres que nous vendons. Je vais rapidement demander d'autres responsabilités. Un de mes espoirs en me joignant à eux est de pouvoir donner des cours d'initiation à la mycologie afin de regoûter à ce plaisir de l'enseignement.

Début juin : Marjolaine décide de s'acheter un condo au centre-ville de Toronto. Son achat, qui se concrétisera en septembre, signifie qu'elle s'y installe, en étant encore loin de nous.

30 juin : Après avoir revu à nouveau notre manuscrit sur les champignons et avoir obtenu quelques dernières autorisations de reproduire certaines illustration, je soumets le tout à notre éditeur suisse, Éric Caboussat. Une dizaine de jours plus tard, ce dernier nous répondra la réponse habituelle, soit un accord moyennant un financement suffisant!

1er juillet : Je suis officiellement retraité ce jour-là. Quelques jours plus tard j'écris à Dieter : «Il y a quelques jours j’étais un vieux professeur, aujourd’hui je suis un jeune retraité. Finis les gros salaires et le stress qui me tuait.»

19-23 juillet : Pendant que Micheline part une semaine à Toronto chez Marjolaine lui donner un coup de main, j'effectue mon premier voyage de pêche à Val-D’or. Suzette et son chum Jean-Guy me reçoivent à leur chalet.

Août : Avec Micheline, toujours aussi efficace, je corrige les épreuves du Calendrier que publiera le Cercle des Mycologues de Montréal afin de souligner son 60e anniversaire.

3 août : J'ai terminé la rédaction de notre demande de subvention de 5000$ que j'ai déposée dans le cadre d'un concours de l'Université Laurentienne s'adressant spécifiquement à son personnel retraité. Je ne sais pas alors que cette demande est une première d'une série annuelle que je rédigerai au cours des prochaines années.

Mi-août : Je rencontre à l’hôpital Royal Victoria un endocrinologue, à qui mon dossier de diabétique ontarien a pu être transféré sans encombre. Je savais seulement qu'il s'appelait le Dr Yale. Je le croyais anglophone, mais quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre qu'il s'appelait Jean-François Yale! Sur ce plan, mon déménagement au Québec se fait sans heurts car je m'entends fort bien avec lui.

30 août : Nous arrivons ce jour-là à Rivière-Ouelle où nous avons loué pour un mois le chalet de notre ami Normand Fortin.

Septembre : Je découvre les joies d’écouter la mer et ses marées montantes et descendantes. À chaque matin, je longe les berges, puis je fais une randonnée dans les bois pour cueillir des champignons.

Nous avons heureusement une communication internet à faible débit au chalet; pour les courriels c’est parfait. J'écrirai notamment à l'archiviste Marthe Brown afin d'obtenir des conseils pour l'organisation de mon fonds d'archives, dont j'espère même tirer profit sur le plan financier.

14 Septembre : Auprès d'Yvon Malette, qui a maintenant quitté son poste de directeur des Éditions David, je m’informe de la meilleure manière de proposer notre projet de livre sur la correspondance entre Simone Routier et Harry Bernard. « Micheline et moi allons nous remettre dans la correspondance entre Harry Bernard et Simone Routier. Correspondance dont le fil conducteur repose davantage sur Routier qui, en tant que femme aux multiples talents, cherche à faire sa place dans un milieu littéraire et artistique dominé et pensé pour les hommes.»

Fin septembre : Retour à Montréal.

2 octobre : Nous obtenons notre subvention de 5000$ de la Laurentienne. Mais ce n'est pas encore joué car notre éditeur souhaite d'autres appuis financiers.

Début octobre : La nature omniprésente de Rivière-Ouelle m’inspire et me laisse rêver d’avoir notre propre chalet. C'est pourquoi on retourne dans la région de Rivière-Ouelle-Montmagny visiter des chalets à vendre.

16 octobre : Michel Lacombe m'a invité à me joindre à lui et à deux autres anciens de Saint-Pierre-Claver. Jacques Binette et Jean-Marc Legault, afin de jouer au bridge. À compter de ce jour, on jouera six parties de bridge consécutives environ 5 fois par année.

16 novembre : Une sérieuse discussion a cours sur les traductions de nos textes composant l’histoire de l’Université Laurentienne. À des fins d’uniformité, on nous propose de traduire en français les citations en anglais que Donald et moi avons insérées dans nos chapitres. Ce jour-là, j'écris à Normand Renaud : «On voudrait charcuter mon texte et traduire les passages de mon texte que je cite en anglais afin de faire plaisir aux unilingues anglophones qui, ce faisant, pourraient mieux dissimuler leur manque de culture sous des excuses d'uniformité! C'est toute ma pratique d'historien qui serait ainsi remise en cause. Je comprends que les anglophones, eux, ont besoin de tout se faire traduire car, à l'inverse de nous, ils n'ont pas intégré l'usage des deux langues dans leurs textes écrits.»

17 novembre : Dans un courriel à Dieter, je tente de justifier mon insécurité financière consécutive à ma retraite anticipée : «S'agissant de ma pauvreté, elle est bien sûr toute relative et surtout toute récente. Je dois adapter mon train de vie à des revenus presque trois fois inférieurs à ce que je gagnais avant. Je n'avais jamais besoin de compter avant, car il en restait toujours. Maintenant, tout est compté. Dans un an, je serai sans doute moins craintif de dépenser, mais pour le moment ce n'est pas le cas.»

19 novembre : Je redonne ma conférence sur les champignons d'Ötzi, la momie des glaces au collège André-Grasset.

Fin novembre : Micheline commence un petit contrat d’évaluation par téléphone du français oral des immigrants pour le Cégep de Maisonneuve.

Début décembre : le projet Des Champignons et des hommes va finalement de l’avant, Éric Caboussat accepte de produire l’ouvrage avec seulement 5000$ de subvention décrochés au concours FRUL-retraité. On aura nos jolies photos, comme cette amanite qu’a bien voulu nous autoriser à reproduire George Barron, imprimées sur du papier glacé.

11 décembre : J’écris à Nadine des Éditions Cabédita afin de lui faire part de mes dernières remarques au sujet des épreuves qu’il faut sans cesse revoir. Le courriel révèle entre autres plusieurs fautes d’incohérence d’un chapitre à l’autre, mais aussi les différentes pratiques entre l’Europe française et le Canada français.

Fin décembre : Étrangement, les fêtes de 2009 n'ont laissé aucune trace dans mes archives.