2012-2013: Mariage et sites web

31 décembre:Réveillon du Jour de l’An : on reçoit André et Guillaume rue Chambord avec une raclette comme repas principal.

Janvier : Le fiscaliste consulté à la Banque Royale n’est pas convaincu que le fisc québécois pourrait reconnaître Micheline comme épouse légitime après ma mort alors que cela ne poserait aucun problème si nous vivions en Ontario. Cette hypothétique menace nous amène à nous marier civilement, d’autant que notre longue période d’essai s’est avérée fort concluante.

18 janvier : Je touche 10 000$ en héritage de mon père. J’en distribue une partie à mes enfants. Je me garde notamment 2000$ afin de louer le chalet de Normand Fortin pour tout le mois de septembre à Rivière-Ouelle. Je prévois y faire beaucoup de mycologie avec Annette et François.

24 janvier : J’écris à Dieter : «J'ai décidé de m'impliquer dans l'organisation d'un club de mycologie dans la région de Montmagny avec les Ribordy… Je pourrai leur donner un coup de main à inventorier les champignons de la région … Je vais essayer de donner un autre sens à la retraite que de seulement continuer à faire de la recherche, écrire et publier.

2 mars : Ce jour-là, j’écris à Louis-Philippe qui se demande pourquoi je ne souhaite pas que ma mère soit invitée à notre mariage : «Pour toi c'est difficile à comprendre, mais moi je n'ai plus de parent depuis qu'ils m’ont abandonné à l'âge de 12 ans pour m'expédier à Montréal. Je les ai pleurés tous les deux longtemps. Aujourd'hui, cette mère est en fait une tante pour moi dont je m'occupe par devoir et non par amour. Le jour de mon mariage je veux me sentir libre et non obligé. La connaissant, il faudra aller avec elle magasiner pour qu'elle s'achète une robe, des souliers et je ne sais trop encore. Avec sa maladie ça va être du sport!»

Départ pour notre voyage de deux mois en pays minervois! Un récit de voyage, rédigé à chaud en 2012.

12-15 mars : Avec du recul, je peux dire que le voyage à Barcelone effectué à la mi-mars m'a profondément marqué. Sur un mur de mon bureau de travail trône encore en 2018 une affiche de la Sagrada Familia signée Anthony Pilley et rapportée de ce voyage.

19 au 23 mars : Au cours de notre séjour, plusieurs amis sont venus nous rendre visite à commencer par Guénola et Michel au cours de la 3e semaine de mars.

27-30 mars: Visite de François et Annette qui étaient alors en Suisse.

1-4 avril: Nous allons rendre visite à Renée et Laurent dans les Landes.

12 Avril : Un voyage en Arriège au Parc historique m’a également marqué. Voir le guide devant nous expliquer et démontrer comment l’homme d’hier fabriquait du feu m’a comblé. Micheline en a fait un film sur YouTube que je recommande vivement.

Mi-avril : Visite de Serge et Claudine.

28 avril : Retour à Montréal alors qu'on doit finaliser les préparatifs de notre mariage.

19 mai: Ce samedi-là, j'épouse Micheline. Étienne agit à titre de célébrant alors que Marjolaine et Louis-Philippe sont nos témoins.

Parmi notre vingtaine d'invités, il y a mon ex-épouse Suzanne qui demeure la seule à faire partie de ma première famille.

Au cours de la cérémonie, un ténor interprète 3 chansons que nous avons choisie: C'est beau la vie de Ferrat, La chanson des vieux amants de Brel et L'essentiel de Ginette Reno.

23 mai : J'entreprends des démarches auprès d’une entreprise spécialisée du WEB afin d’obtenir un devis pour concevoir un site sur Harry Bernard. J'espère que ce devis pourrait ensuite me servir pour une autre demande de subvention FRUL de la Laurentienne.

1er juillet : Je cesse officiellement d’être en pré-retraite. Si je suis un retraité à part entière, je ne suis pas encore un pensionné car j’ai refusé pour quelques années de toucher ma pension afin de réduire la pénalité imposée parce que je n’ai pas encore 62 ans. Mes REER seront mis à profit. Cela signifie aussi que je cesse de profiter des assurances de la Laurentienne. Micheline et moi avons opté pour la Sun Life pour notre assurance dentaire, de voyage et notre assurance médicament complémentaire.

Fin juillet: Dans la mesure où Micheline et moi comptons adresser une demande de subvention à l'Université Laurentienne chacun de notre côté (moi pour l'élaboration d'un site web consacré à Harry Bernard, et Micheline afin de publier un roman inédit de Harry Bernard) je crains que cela soit mal reçu par les membres du jury. Je sonde alors le vice-recteur Yves Alarie afin de lui demander sa franche opinion. Sa réponse, joliment tournée, m'incite à abandonner ma demande au profit de celle de celle de Micheline que nous adresserons à deux.

5 août : En ce dimanche matin, je me présente très tôt chez ma mère car depuis une semaine j'ai constaté que les capacités de ma mère diminuaient beaucoup et je la soupçonne même d'avoir oublié de dormir dans son lit. Louis-Philippe, qui est allé lui rendre visite quelques jours plus tôt a éprouvé les mêmes doutes. Arrivé sur place, je trouve ma mère assise dans sa chaise alors que son lit n'a pas été défait. Je l'amène à l'urgence de l'hôpital Saint-Luc et elle y restera pendant deux mois.

8 août : Je soumets notre demande de subvention FRUL afin de trouver une aide financière pour publier Une autre année sera meilleure.

25 août : Nous arrivons à Rivière-Ouelle. Pendant notre séjour Étienne et Louis-Philippe iront régulièrement rendre visite à ma mère à Saint-Luc.

26 août : Nous nous joignons à une sortie mycologique organisée par François et Annette à Trois-Saumons. Nous en ferons plusieurs et certaines me font découvrir des champignons que je n'avais pas observés à Sudbury, tels les magnifiques hydnes septentrionaux du cimetière de Montmagny.

11-12 septembre : Bref retour à Montréal afin de vider l’appartement de ma mère boulevard René-Lévesque. Les résultats des évaluations sur ses capacités sont claires: elle ne pourra plus jamais vivre seul dans son appartement qu'il faut vider et nettoyer.

23septembre : En ce beau dimanche, François et Annette ont invité la communauté de Montmagny à une exposition sur les champignons de la région. Micheline et moi, de même que nos amis Jean-Claude et Alexandre, avons mis l'épaule à la roue. L'exposition a du succès si on en juge par le nombre de visiteurs.

24 septembre : Inquiets pour ma mère, nous quittons Rivière-Ouelle pour de bon. C'est à moi de s'en occuper et de faire en sorte que la recherche d'une résidence adaptée à ses besoins ne l'inquiète pas trop.

28 septembre : Invité à donner une conférence sur la culture musicale des mineurs, je pars le soir par bus pour Val-d’Or où je coucherai chez Suzette et Jean-Guy.

30 septembre: Dans un décor de rêve, soit à l'intérieur du chevalement de la mine Lamaque, je livre ma conférence. Une chance que ma famille est venue y assister pour grossir la foule.

Octobre : Je commence mes cours d’Internet au Patro-Le Prévost. Le professeur, David Roberts, est fort efficace. J’apprends beaucoup d’autant plus que j’ai un projet bien précis en tête: élaborer moi-même le site web consacré à Harry Bernard.

4 octobre : Notre demande de subvention FRUL a été acceptée: on nous accorde 3925$. Il reste encore beaucoup à faire pour finaliser le manuscrit.

Fin octobre: Je commence la numérisation des milliers d’articles et éditoriaux de Harry Bernard en vue d'enrichir notre site web.

20 novembre : L’évaluation de notre article sur la mise en page du Courrier de Saint-Hyacinthe me forcera à reprendre en profondeur le texte. Heureusement que les évaluateurs ont fait de nombreuses suggestions. Je me sens comme lors de la publication de mon article sur l’histoire des sciences: pour réussir mon entrée dans un nouveau champ d’expertise j’ai besoin d’aide et dans ce cas, le rédacteur de la revue, Julien Prud’homme, sera de fort bons conseils.

Décembre : Micheline et moi terminons la première version du texte de présentation du roman Une autre année sera meilleure.

3 décembre : Soumission d’une nouvelle version de notre article sur les procédés de mise en page du Courrier de Saint-Hyacinthe à la revue SCIENTIA. Cette fois, ce sera la bonne.

10 décembre : Soumission de notre projet de publication d’Une autre année sera meilleure à Marc Haentjens des Éditions David. D'entrée de jeu, on précise que nous nous réservons le droit de reproduire la chronologie de Harry Bernard (constituant la première partie de notre manuscrit) sur le site web en préparation.

Noël: On reçoit rue Chambord les enfants pour Noël. La photo traditionnelle de groupe est prise pour la postérité!

31 décembre : J'annonce par courriel au Cercle des mycologues de Montréal que je ne renouvellerai pas mon mandat au conseil d'administration. Je tourne une page qui a été néanmoins essentielle dans ma nouvelle vie de retraité montréalais.

Au terme de ce deuxième mandat au conseil qui prend fin ce printemps, je me permets de vous livrer ma réflexion à ce sujet. En ce temps des Fêtes, l'heure est d'ailleurs propice à dresser des bilans. Quittant amis et collègues de Sudbury en 2009 pour venir prendre une retraite à Montréal, j'ai pu trouver au CMM une manière de prolonger une partie de ma pratique sudburoise. Vous avez été magnifiques, en m'accueillant au conseil malgré un bagage mycologique lacunaire et le fait que je sois davantage un généraliste intéressé par plusieurs sujets qu'un spécialiste. Grâce à votre 60e anniversaire, j'ai pu néanmoins m'investir à plein dans cette mission de devenir votre historien en résidence. Le résultat dont je suis le plus fier demeure notre quatrième de couverture du Mycologue et cet article sur l'histoire des sciences au Canada français examinée à partir de la mycologie (et qui faisait suite à mes deux conférences). Les écrits restent et les paroles partent. Cela restera pour la postérité, tout comme les principales archives numérisées.

Encore en train d'expérimenter cette nouvelle manière d'être qu'est la retraite je cherche encore et c'est pourquoi je vous annonce, après mûre réflexion, que je ne renouvellerai pas mon mandat ce printemps et je tenais à vous en aviser dès maintenant. J'ai bien tenté de pratiquer une mycologie de terrain cet automne en donnant un coup de main au Cercle des mycologues des Appalaches, mais je n'y ai pas trouvé suffisamment de plaisir. J'aime le contact avec les étudiants et cela me manque. Je chercherai ailleurs, sans doute dans les organisations communautaires de mon quartier ou en histoire urbaine, une manière de m'impliquer comme pédagogue tout en pratiquant une forme de science plus proche de mes paradigmes et de mes compétences.

2013

Janvier : Micheline et moi suivons chaque semaine des cours offerts par Le Patro-Le Prévost. Micheline s'est inscrite à des cours de montage vidéo. Les films qu’elle a tournés lors de nos voyages et lors de nos fêtes de Noël lui serviront de matière première. Moi qui suis historien aime bien l’idée qu'elle produise des films familiaux qui pourront un jour servir à nos enfants et petits-enfants. De mon côté, je suis des cours de Photoshop afin de pouvoir moi-même nettoyer, améliorer et recadrer les milliers d’éditoriaux (comme celui illustré ici) et d’articles numérisés destinés au site harry-bernard.com

Je continue à rendre visite régulièrement à ma mère qui réside boulevard Saint-Joseph dans une résidence adaptée à ses besoins. Au cours de l’hiver, elle sera finalement transférée dans le quartier rue Garnier près de Saint-Zotique. Afin qu’elle puisse se reconnaître en revenant de la cafétéria, j’ai mis sur sa porte de chambre, la photo de Justine son arrière-petite-fille.

Mi-janvier: Étienne nous aide à traduire en anglais le résumé de notre article accepté par la revue SCIENTIA

14 février : Marjolaine a son premier rendez-vous amoureux avec Maxime Lemieux qu’elle a rencontré trois jours auparavant. Maxime à qui elle demandera assez vite s’il veut des enfants, deviendra mon gendre et me permettra plus tard d'agrandir la famille.

25 février: Tandis que je suis emballé par mon cours de Photoshop donné par David Roberts, je réfléchis à d'autres projets de site web et notamment à «l’idée de commencer l’automne prochain mon propre site sur Guy Gaudreau (sa famille, son histoire, sa carrière, des passions et j’en passe). Pourquoi ne le ferais-je pas? Compte tenu de ma capacité d’autocritique et d’autodérision je pense que je pourrais parvenir à quelque chose de bien et de relativement objectif».

26 février: Je mentionne à Benoit Chartier du Courrier de Saint-Hyacinthe que j’ai déjà numérisé 2000 articles de ce cher Harry. Sachant que mes activités au Cercle des mycologues de Montréal achèvent, c’est littéralement à plein temps que pendant des mois je numérise quelques milliers de fichiers.

17 mars: Dans le cadre de son cours de vidéo, Micheline termine le montage d'un de ses premiers films; il s'agit d'un film portant sur la fête de ma retraite de décembre 2008. Que de souvenirs à jamais gravés sur une pellicule numérique!

Printemps: J'ai commencé à jouer au bridge sur une base régulière au parc Laurier afin d'y apprendre correctement le système des enchères. Je m'y fais de nouveaux amis dont Roberto Agro.

Début avril : Mise en ligne du site harry-bernard.com dans une version réduite (2000 articles). Fier de ma création que j'ai conçu de A à Z, j'annonce la nouvelle à quelques connaissances universitaires, sans me rendre compte que le site demeure visuellement très amateur, je dirais même qu'il est à l'époque indigne d'un professeur émérite!

16 avril au 5 mai: Nous faisons notre première croisière en Méditerranée et en mer Noire. Un récit de voyage raconte notamment mon désarroi d'alors face à cette nouvelle manière de voyager. Cela dit, on a adoré de passer quelques jours à Nice et ma photo de la bannière de guygaudreau.com a d'ailleurs été prise sur une terrasse niçoise. On s'est promis de revenir y passer un mois.

9 juin: Micheline termine le montage de son film sur le Panorama de Sébastopol. Incontestablement une de ses belles réussites que je mettrai sur You Tube quelques années plus tard.

15-17 juillet : Un bref échange avec le «Robin des banques» Yves Michaud qui, jeune journaliste au Clairon de Saint-Hyacinthe, a bien connu Harry Bernard.

13 août : Le site harry-bernard.com compte désormais 3400 articles. À la mi-août j'attaque les années 1960.

16-17 août: Je monte avec mon ancien collègue Graeme Mount à Sudbury pour un séjour d'une semaine au chalet d’Yvon Gauthier.

20 août : Thierry Bissonnette nous amène Yvon et moi dans le fin fond des bois à une belle mais longue cueillette de chanterelles.

23 août : Je repars pour Montréal avec Yvon qui se rend chez sa sœur Lilianne.

27 août : Ma mère est transportée aux soins intensifs de l'hôpital Jean-Talon pour insuffisance respiratoire et problème cardiaque.

30 août : Étienne reçoit toute la famille chez lui rue Hutchison pour mon 60e anniversaire. La veille Micheline et moi sommes allés rendre visite à ma mère qui nous a reconnus tous les deux.

5 septembre: Parce que ma mère est mourante, on doit annuler notre séjour d’une semaine à Kamouraska chez Jean-Claude et Alexandre et notre participation à l’exposition de champignons de Montmagny de la fin de semaine.

7 septembre : 6h35 du matin, décès de ma mère à l'hôpital Jean-Talon.

8 septembre: Dépôt de ma demande de subvention FRUL.

9 septembre : J’écris à mon amie Ginette : «Pour le moment, j'en ai honte mais je n'éprouve aucune tristesse. Je dirais même que c'est un soulagement car la vie misérable qu'elle menait avec son Alzheimer avait fait en sorte que ça faisait un bon moment que le dernier témoin de mon existence depuis ma naissance n'était plus de ce monde. Peut-être que c'est l'idée d'un voyage imminent soulagé de son décès qui m'habite. Je ne me voyais pas laisser ma mère malade aux enfants. Moi j'avais du temps pour m'en occuper, eux non.»

13 septembre : Départ pour l’Anjou. Je ne reviendrai pas le contenu de mon récit de voyage. Disons simplement que mes découvertes de l’ardoise et de la châtaigne sont encore bien imprégnées en moi.

12 octobre : Rejoint par Alvin Finkel de l’Athabaska University, j’accepte d'être le 3e membre du jury pour l’attribution du Prix Eugene-Forsey, remis à la meilleure thèse en histoire du travail au Canada (maîtrise et doctorat).

18-20 octobre : Avec Jean-Claude et Alexandre nous allons rendre visite à Michel et Guénola à Avranches. Ils nous ont organisé, grâce à leur ami François, une visite royale au Mont-Saint-Michel alors qu’on peut monter sur le toit de l’abbaye.

26 octobre: Retour à Montréal.

28 octobre: Sortie de notre livre sur Harry Bernard, Une autre année sera meilleure.

Novembre: Micheline et moi sommes déçus : notre dernier livre n’est pas lancé lors du salon du livre de Montréal. On se contentera d’en donner quelques exemplaires ici et là.

Décembre: Je lis et commente les mémoires de maîtrise et les thèses de doctorat soumis pour le prix Eugene-Forsey.

Mon article sur la culture musicale des mineurs de Kirkland Lake est publié. Un article dont je suis assez fier!

13 décembre: J'annonce à la famille et à mes amis que je viens de mettre en ligne mon site guygaudreau.com. Bien que la page d'accueil fasse amateur, j'ai pris pourtant un grand soin pour la confectionner. J'y ai inséré, par exemple, un chevalement et quelques arbres et billots afin de souligner, ce que je pensais être à l'époque, les deux pilliers de mon parcours d'historien, soit les forêts et les mines. Même les couleurs choisies sur ces dessins sont reprises ailleurs afin de produire une présentation intégrée. Depuis ce jour, je ne cesse d'enrichir notamment ma chronologie et ma correspondance professionnelle.

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Fin décembre: Lors de notre souper des Fêtes, Maxime se joint à nous et Louis-Philippe continue à avoir la réputation d'un inconditionnel de Star Wars.