2014 : UNE ANNÉE DE RETROUVAILLES

3 janvier : Dans un échange de courriels avec mes collègues Alvin Finkel de l’Université Athabasca et Robert Sweeny de l’Université Memorial, je présente ma conception d’une bonne recherche historique afin de déterminer le meilleur mémoire de maîtrise ou la meilleure thèse de doctorat pour le prix Eugene-Forsey. Ayant fait remarquer dans les textes rédigés en anglais la presque absence de références dans une langue autre que l’anglais, et notamment des travaux en français, j’ai sans doute mis mal à l’aise mes deux collègues qui trouvaient fort acceptable que les étudiants et étudiantes des cycles supérieures du Canada anglais se contentent d’ouvrages dans la langue de Shakespeare. Moi qui considère l’université comme la voie pour accéder au monde et à l’univers, j’ai retrouvé ce manque d’ouverture à d’autres cultures qui m’avait tant agacé à l’Université Laurentienne. Et comme on ne demandera pas de siéger sur ce comité l’année suivante, j’ai malheureusement compris que j’avais prêché dans le désert et que le Canada était bel et bien composé de deux solitudes.

4 janvier : Normand, ce grand ami perdu depuis 2003, m’envoie un courriel de réconciliation pour la Nouvelle Année. On décide rapidement de se voir au restaurant pour souper. Tous les deux souhaitons tourner la page. Comme il l’écrira, le 5 : «Je crois bien que nous avons enfin trouvé le fil d'Ariane qui nous sortira vivement du labyrinthe du temps perdu!»

8 janvier : En ce jour d’anniversaire de Marjolaine, je retrouve mon grand chum qui m’est apparu avoir beaucoup blanchi. Cette grande retrouvaille coïncidera au cours des mois suivants à mon abandon des parties de bridge du club du parc Laurier où j’allais régulièrement depuis deux ans. Par ma faute, je perdrai ainsi contact avec Roberto Agro avec qui, pourtant, j’aimais bien jouer.

16 janvier : Je reçois par courriel un des rares témoignages relatifs à notre site sur Harry Bernard, qui m’encourage à poursuivre dans cette veine. «Étant Maskoutain d'origine et, un "voisin" sur la rue Lafontaine, vous m'avez fait connaître cet homme et ses réalisations. J'étais très jeune à l'époque. Vous m'avez fait voyager dans le temps, me faisant découvrir le "Saint-Hyacinthe" de mes grands-parents, son histoire, ses "magouilles politiques". J'adore !»

25 janvier : J’ai décidé de publier en format papier une nouvelle version de l’histoire des mineurs de Kirkland Lake. Parmi les textes à remanier il y a ceux de Sophie Blais à qui j’écris ce jour-là pour lui proposer des remaniements. Plus tard j’écrirai à la revue Labour/Le Travail et à la Revue du Nouvel-Ontario afin de leur demander l’autorisation de reprendre nos articles qu’ils ont publiés.

Hiver : Je travaille sur une base régulière à la chronologie de mon site web afin de fixer dans le temps, le plus objectivement possible, les différents moments de mon éphémère existence.

Le gagnant du prix Eugene-Forsey est annoncé. Parallèlement, Micheline et moi envisageons sérieusement un déménagement dans un appartement avec ascenseur. Dans cette perspective, j’ai demandé l’avis de Normand pour les condos de Place Delacroix, rue Saint-Laurent. N’eût été de travaux majeurs de réfection du toit qui exigeront sans doute des contributions spéciales de tous les copropriétaires, je pense qu’on aurait pu être sérieusement tentés de vendre rue Chambord.

1er février : Normand et Sandra viennent souper à la maison. Micheline réussit un souper Thermomix. Au cours de la soirée, Étienne nous rend visite afin de renouer contact avec eux.

7 février : Normand vient me donner un coup de main afin d’installer une nouvelle plinthe électrique dans la bibliothèque de la cave, rue Chambord. On reprend ainsi une vieille tradition de travaux manuels faits à deux.

15 février : Dans la perspective d’un éventuel déménagement, je me débarrasse d’une partie de mes livres. Ma collection de la revue Labour/Le Travail que je possède depuis les premiers numéros est donnée à Sophie Blais qui vient me rendre visite ce jour-là avec son chum. Ainsi s’amorce un long processus de deuil avec mes livres de ce que j’appellerais un passé universitaire.

6 mars : Louis-Philippe nous a invité Normand et moi à jouer au RISK chez lui à Laval. Étienne et Pierre, le chum de mon ex, se sont joints à nous, tout comme Justine. Cette soirée, au cours de laquelle Étienne sort gagnant, permet à Normand de renouer avec la famille de Louis-Philippe.

13 mars : Après avoir constaté auprès des éditions du Septentrion un manque d’enthousiasme à publier un 2e ouvrage en histoire minière, je tente ma chance auprès de denise Truax des éditions Prise de parole qui, elle, se montrera très intéressée une semaine plus tard. Ce prochain livre sera donc publié chez eux.

Mi-mars : J’aborde les années au collège Saint-Pierre-Claver dans ma chronologie. Afin de trouver du support visuel, je consulte Normand qui me donne une copie de cette image de notre écusson.

16 mars : Marjolaine et Maxime emménagent dans leur condo qu’ils ont acheté rue Parthenais dans le Plateau.

25 avril : Suzanne qui a accepté que je parle d’elle dans ma chronologie sans que je maquille son nom, lit le passage que je consacre à notre rupture et l’approuve. Dans un courriel que je lui avais adressé, j’écrivais : «Je prendrai tout sur moi. Je ne savais pas aimer car cela exige parfois de dire non à l'autre, ce que je n'avais pas appris.»

27 avril : Jour de mon mariage avec Suzanne il y a 40 ans. Pour l’occasion mon ex et son chum Pierre nous a invités à luncher chez elle!

9 mai : Je travaille presque à plein temps sur ma chronologie. Déjà la mise en ligne de l’année 1989.

20 mai : Nous avons réservé notre gîte pour un séjour de 6 semaines sur la Côte d’Azur!

24 mai : Je donne un coup de main à Normand afin de creuser dans sa cour un puits perdu qui permettra un meilleur écoulement de l’eau sur son terrain.

1er juillet : Je peux dire à compter de ce jour que je suis pensionné de la Laurentienne et pas seulement retraité.

Mi-juillet : Micheline et moi accompagnons Normand et Sandra dans un court voyage de deux jours à Berlington.

Fin août : Un échange de courriels avec Stéphane Castonguay de l’UQTR et qui a pris la relève à la revue Scientia, permet d’apporter les dernières corrections pour la mise en page de notre article. Notre départ prochain pour la Côte d’Azur m’amène, autant que possible à fermer tous mes dossiers, toujour avec cette idée d’une intervention inopinée de la Grande Faucheuse!

30 août : Cela dit, dans un courriel avec Normand je lui dis : «J'ai de moins en moins peur car j'ai accompli la plupart des choses qui me tenaient à cœur. De plus, le fait que l'on se soit retrouvé me donne une raison de plus de revenir sain et sauf de ce voyage.»

13 septembre : Soumission de ma demande de subvention afin de financer ce projet de livre sur les mineurs de Kirkland Lake. En raison d’une nouvelle convention collective et d’un réaménagement du programme de subvention, le concours sera finalement reporté au mois de juin de l’année suivante, retardant d’autant le financement du livre.

14 septembre : Départ pour Nice. On récupère notre Citroën le lendemain pour se diriger vers Florence. Ce séjour de 6 semaines a largement été raconté dans mon récit de voyage, rédigé à chaud. Avec du recul, je conserve de magnifiques souvenirs de cette mer qui balance ses vagues comme une berçante. Combien de fois sommes-nous allés à Cagnes se promener en l’écoutant!

Le jour d’anniversaire de Micheline, dans une crêperie de Cagnes, donnant comme il se doit sur la Méditerranée, nous avons fêté avec Étienne. Séparé depuis peu de sa blonde, il était venu seul nous rendre visite. On avait profité de sa venue pour visiter notamment Monaco ensemble.

25 octobre : Retour à Montréal, rue Chambord.

2 novembre : Je résume à Michel et Guénola notre séjour sur la Côte d’Azur en ces termes : «Nous, on est revenus dans un automne de chez nous après avoir quitté un été méditerranéen qui refusait de foutre le camp. Six semaines en culottes courtes! Six semaines marquées par des découvertes d'artistes, par une mer à 3 kilomètres du gîte…»

21 novembre : parution de notre article sur la mise en page du Courrier de Saint-Hyacinthe dans la revue SCIENTIA CANADIENSIS.

Fin novembre : Steve Michaud du Cégep Édouard-Montpetit trouve une manière fort élégante de présenter visuellement sur le site de Harry Bernard les débats qu’a eus ce dernier avec Yves Michaud (Le Clairon Maskoutain). Ces débats sont importants à mes yeux car ils ajoutent une dimension critique qui dépeint Bernard sous un jour nettement plus sombre. Après tout, on ne cherche pas à faire l’apologie de ses idées, mais à présenter l’homme sous toutes ses coutures.

3 décembre : Je rencontre mon ancien professeur et idole de Saint-Pierre-Claver, Michel Thérien dans un restaurant près du marché Jean-Talon. J’avoue avoir été déçu de cette rencontre sans doute parce que j’avais trop idéalisé l’homme. Cela dit, si j’ai été un bon prof, c’est quand même un peu grâce à celui qui me servit de modèle.

11 décembre : Je commence une recherche sur la réception critique du roman de Harry Bernard, Juana, mon aimée

25 décembre : J’informe Michel Bock de l’Université d’Ottawa que je viens de mettre en ligne les mémoires inédites de Harry Bernard sur notre site. Puisqu’ il est abondamment question du début de carrière de Bernard au journal Le Droit d’Ottawa, j’estimais nécessaire de l’informer. Micheline avait passé plusieurs semaines à retranscrire les tapucrits conservés par Bernard à cet effet. Encore en 2020 certains des chapitres de ses mémoires sont encore souvent consultés.

Bien sûr, on fêtera Noël avec la famille.

Pour le Réveillon du Jour de l’An, on reçoit, rue Chambord, André et Guillaume de même qu’Étienne, toujours célibataire. On aura des huîtres en dépit des réticences de Guillaume qui parviendra quand même à en manger quelques-unes!!!