La nécessité de principes éthiques
dans l'enseignement universitaire

En 2004, je proposais à Denise Quesnel, la rédactrice de L'Orignal déchaîné, le journal étudiant francophone de l'Université Laurentienne, une série d'articles sur les principes éthiques dans l'enseignement universitaire afin de sensibiliser les étudiants et étudiantes, de même que mes collègues universitaires à la nécessité d'encadrer notre pratique par une série de principes. Cette première série d'articles, parus au cours de l'année universitaire 2004-2005, présente neuf premiers principes qui ont déjà été formulés et approuvés par La Société pour l'avancement de la pédagogie dans l'enseignement supérieur, société canadienne qui décerne les prix 3M, dont j'étais l'unique titulaire à la Laurentienne (voir Harry Murray et al., Principes éthiques en enseignement universitaire, Toronto, La Société pour l'avancement de la pédagogie dans l'enseignement supérieur, 1996.)

L'année suivante, la nouvelle rédactrice de L’Orignal déchaîné, Amélie Dugas, m’a demandé de poursuivre, cette réflexion sur les questions éthiques. Même si le lourd silence entourant la publication de la chronique de l’année précédente ne m’encourageait guère à poursuivre, j'avais reçu, en guise d'encouragement, quelques remarques à leur sujet qui m’avaient néanmoins fait plaisir. Et à l’image de notre enseignement dont la qualité demeure généralement sans écho, j’ai accepté de poursuivre la réflexion. Cette nouvelle chronique abordait ce que j'ai pompeusement appelé à l'époque différents «devoirs» qui doivent régir le rapport maître-élève dans l’institution universitaire. Le mot était à coup sûr trop fort. Mieux vaut parler aujourd'hui de points de reprère. De plus, parcourant en 2013, mes plans de cours conservés dans mon fonds d'archives, je me suis rendu compte qu'il fallait aborder quelques autres aspects de cet enseignement universitaire pour offrit d'autres pistes.

Il ne faut pas non plus que les propos tenus soient vus comme des règles appliquées sous peine de remontrance, voire de sanction. Je ne prétends pas non plus avoir intégré au quotidien tous les comportements proposés. Le pouvoir et la liberté dont nous disposons n’ont pas de contrepoids dans l’institution universitaire de sorte que les dérapages nous menacent tous en tant que professeur. J’ai toujours eu des réflexes qu’il aurait fallu corriger. Mais c’est peut-être justement à cause de ce pouvoir et de cette liberté qu’il faut parler d’éthique.

Il faut les recevoir comme des pistes de réflexion, comme des suggestions, peut-être même comme des solutions à des problèmes qui empoisonnent certains enseignements. En éthique, on ne peut jamais imposer un code de conduite, il faut y adhérer volontairement. Ce qui est éthiquement immoral pour moi ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Un bagage culturel différent, des expériences antérieures et des pratiques disciplinaires variables expliquent souvent ces désaccords survenus sur le caractère acceptable ou reprochable de telle ou telle conduite.