La genèse du BÂTIR SUR LE ROC : DE l'ACFÉO À l'ACFO DU GRAND SUDBURY (1910-1987)

Cet ouvrage fut publié en coédition par Prise de parole et la Société Historique du Nouvel-Ontario. Il compte quatre chapitres signés par autant d’étudiants, Jacques Taillefer, Julie Lafrenière. Pierre Ouellette et Michel Bock, une préface de Gaétan Gervais et un texte de présentation de mon cru. Il profite des deux expériences antérieures similaires (l’histoire du TNO et surtout celui du Carrefour) et me permet de définir plus clairement le genre d’ouvrage historique que je compte diriger dorénavant. La manifestation la plus tangible de cette rupture avec mes expériences antérieures est la présence de notes infrapaginales qui attestent des dossiers de recherche des auteurs. Dorénavant, cet ouvrage du professeur-éditeur servira de standard (voir l’ouvrage sur le drapeau franco-ontarien ou encore ceux sur les mineurs).

C’est Jacques Taillefer, un étudiant qui avait démontré beaucoup d’efficacité dans la constitution de l’Index du projet Carrefour, qui est sans conteste à l’origine de ce projet de publication. Responsable de la Société historique des étudiants de la Laurentienne, il était venu avec d’autres étudiants à Saint-Boniface me rendre visite lors de la semaine de relâche de février 1992 alors que j’y travaillais faute de contrat à la Laurentienne. Comme certains collègues, il avait exercé des pressions auprès de l’administration de la Laurentienne pour qu’elle ouvre un poste en histoire afin que je revienne à Sudbury. À mon retour dans cette ville, il m’informe de ce projet de publication et me demande de refaire une démarche semblable à celle faite pour le Théâtre du Nouvel-Ontario et le Centre des Jeunes. Comme il est membre du conseil d’administration de l’ACFO du Grand Sudbury, sa démarche est officielle.

Les quatre étudiants dans le cadre de mes cours vont passer l’année universitaire 1992-1993 à travailler chacun sur la période historique qui leur avait été attribué, remettant, comme le voulait ma pratique un texte en fin d’année qui serait évalué comme travail de session. Taillefer avait eu comme emploi d’été, à l’été 1992, un travail à l’ACFO régionale de Sudbury qui consistait à réunir et organiser les archives disponibles. Il avait constaté que peu de matériel avait été conservé et que des archives indispensables se trouvaient au CRCCF à Ottawa où nous dûmes faire trois voyages de dépouillement au cours de l’automne.

Comme pour les projets antérieurs semblables, mon intervention dans les textes étudiants devenus auteurs diffère considérablement selon la qualité du travail accompli. Dans certains cas, j’ai eu fort peu à faire sur le plan du fond ni sur la forme. Je me suis permis d’atténuer parfois le ton critique mais pour le reste c’est ma conjointe Micheline Tremblay qui effectua son beau travail habituel de révision de la forme des textes. J’ai dû cependant intervenir massivement dans l’un d’eux. Comme d’habitude, je n’ai pas conservé de trace écrite de mes interventions. Dans mon fonds d'archives, j’ai conservé néanmoins deux versions d'un chapitre qui démontre jusqu’à quel point Micheline Tremblay a été d'une aide précieuse.

Livrant le manuscrit complet en juin 1993, on pouvait s'attendre à ce que le texte paraisse pendant ma sabbatique en France de 1993-1994. Mais l’ACFO eut l’idée de chercher à illustrer l’ouvrage de photographies pour le rendre plus attrayant. Aussi passèrent-ils cette année-là à tenter cet exercice qui nous était apparu futile. J'adressais une lettre à l’ACFO (conservée dans mon fonds d'archives) qui témoignait de ma frustration vis-à-vis cette démarche de recherche visuelle et le fait que le livre ne soit pas encore publié.

C’est à l’automne 1994, en grande pompe que sera finalement lancé l’ouvrage. J’ai conservé une copie du discours dans lequel la genèse de l’ouvrage est relatée, tout comme le travail de révision du manuscrit par un ami, Normand Renaud qui travaillait alors aux éditions Prise de parole.