La genèse du THÉÂTRE DU NOUVEL-ONTARIO 20 ANS

Publié en 1991, cet ouvrage collectif compte au départ sur la participation de cinq étudiants, Paul De La Riva, Hélène Lavoie, Michel Rodrigue, Geneviève Ribordy et Marie-Claude Tremblay ; un sixième étudiant, Marc Despatie, se joint à nous au cours du mois de septembre 1989. Il s’agit d’une commandite du Théâtre qui cherche à souligner son 20e anniversaire en se dotant d’un ouvrage de haute qualité pour s’en servir comme outil de promotion et de financement.

Comme ma conjointe Micheline Tremblay siège au conseil d’administration du Théâtre, c’est elle qui sert au départ d’intermédiaire et qui m’incite à accepter ce projet ambitieux où tout est à faire. La demande de subvention du 13 septembre 1989 éclaire la répartition des responsabilités et démontre bien que la recherche des informations disponibles est encore à faire en septembre 1989 alors que nous sommes en grève et que je recrute les étudiants-auteurs potentiels comme Geneviève Ribordy sur les piquets de grève ou encore dès l’été en communiquant avec Marie-Claude Tremblay à Kapuskasing. Comme pour tous les ouvrages semblables que je dirigerai par la suite, le principe non négociable d’un travail bénévole non rétribué ni pour moi ni pour les étudiants sera établi dès le départ.

Bien que deux étudiants à la maîtrise fassent partie de l’équipe, Rodrigue et de la Riva, les deux se sont joints aux trois étudiantes inscrites dans mon cours du baccalauréat HIST4225, Ribordy, Lavoie et Tremblay. Despatie sera lui aussi crédité, mais pour un autre cours que je donne également en surcharge. Le travail de session de chacun devient le travail effectué pour produire un manuscrit complet au printemps 1990.

Le dépouillement des archives s’effectue sur les lieux-mêmes, au 90 rue King dans le Moulin-à-fleur. Ce contact intime avec les archives influencera considérablement les étudiants car ils s’appuieront surtout sur ces textes au détriment parfois des témoignages. De la Riva qui s’occupe des illustrations fera un inventaire exhaustif à partir duquel les auteurs de chaque chapitre choisissent celles les plus évocatrices. Ce choix de photographies incluses dans l’ouvrage sera revu par l’équipe du TNO sans nous consulter. En effet, les archives (dont je n’ai conservé ni l’inventaire ni les différentes versions préliminaires des chapitres du livre) avaient, par exemple, montré le travail remarquable de Brigitte Haentjens, qui fut notamment choisie pour illustrer le dernier chapitre du livre, mais ces mêmes archives avaient injustement laissé dans l’ombre son partenaire Jean Marc Dalpé et un Yves-Gérard Benoît dont les photographies furent néanmoins ajoutés. Cette intervention des gens du TNO m’avait beaucoup choqué au départ, mais avec du recul et avec un Jean Marc aujourd’hui bien connu, force est d’admettre qu’ils avaient eu sans doute raison .

Le travail de révision des textes effectué par Micheline et moi, qui n’a pas laissé de traces dans mes archives va d’interventions majeures dans certains cas a des interventions bien mineures. Ce travail de direction de l'ouvrage passe néanmoins tellement inaperçu pour les personnes ne provenant pas du milieu académique que, dans la première table des matières que le TNO prépare en tant qu’éditeur de l’ouvrage, il se contente de mentionner mon nom seulement pour la présentation, négligeant de me présenter comme directeur de l’ouvrage; ce qui fut bien sûr corrigé par la suite.

Cet épisode a laissé des traces pour les autres ouvrages dirigés et publiés, car à chaque fois, cela fera dorénavant partie des discussions préalables. L’épisode est aussi révélateur de la démarche adoptée où le rapport pédagogique a préséance sur la nécessité de publier pour le professeur. Mon approche demeure peu orthodoxe puisque chaque étudiant-auteur signe seul son texte, plutôt qu’être remercié en bas d’une page par un professeur qui s’approprie leur travail. Il fallait quand même que, sans sacrifier la promesse faite à chacun qu’il signerait son texte, je trouve un équilibre en récupérant une partie du travail accompli, d’où cette idée de devenir directeur de l’ouvrage pour lequel avec Micheline j’avais fait BEAUCOUP.