2015: Marseille au mois de mai

Je commence mes impressions de voyage à Marseille sur une idée que j’exprimais à des amis juste avant notre départ. Cette idée était que je me trouvais chanceux de profiter autant de ma retraite en voyageant comme bon me semble. Réfléchissant sur les causes profondes de cette chance de profiter autant de la retraite sans trop se soucier de problèmes d’argent ─qui restent le quotidien de bien des gens du 3e âge─, j’ai cherché à comprendre pourquoi cela m’arrive à moi. Cette aisance toute relative ne provient pas en tout cas d’un fabuleux patrimoine familial dont j’aurais hérité car, sur le plan financier, je n’ai pour ainsi dire rien reçu de mes parents, pas plus d’ailleurs qu’eux-mêmes avaient hérité de mes grands-parents. Dans mon histoire familiale, je constitue sans doute une rupture par rapport à des ancêtres qui n'ont toujours eu que le strict nécessaire pour vivre. Certes, j’aurai fort bien gagné ma vie en allant travailler à Sudbury pendant plus de vingt ans. Mais les bons salaires ne sont venus qu’à la fin de la trentaine. N’avoir jamais eu à dépenser un sous pour une voiture m’a certainement aidé, mais ce qui a fait vraiment la différence c’est d’avoir rencontré Micheline, d’avoir fait équipe ensemble et surtout d’avoir réuni nos talents et nos ambitions.

C’est la première fois que nous venons en France sans louer une voiture. Il est vrai que le choix de vivre dans un petit appartement en plein centre-ville de Marseille (chercher les «Cinq avenues» sur Internet) favorisait ce choix. L’appartement est petit avec une seule chambre, mais il y a un divan qu’utilise Micheline et il est fort confortable sans compter sa centralité. Dans un tel contexte, recevoir de la visite est exclus, mais nous ne resterons que trois semaines! Les courses se font à tous les jours : un Carrefour City à 2 minutes à pied, un Casino à 5 minutes et un Monoprix à 6 minutes nous permettent de nous approvisionner. Bien sûr, ce ne sont pas les grandes surfaces (les épiceries de chez nous) que nous avions l’habitude de fréquenter dans le passé alors que nous avions une voiture. Les choix sont limités, mais fort corrects. Il y a toujours des marchés de fruits et légumes et sans compter une bonne boulangerie avec baguettes et pains aux céréales qui nous comblent.

Notre-Dame de la Garde

Certains savent que Micheline est une des rares Québécoises à suivre religieusement depuis déjà neuf ans un téléroman français diffusé 5 jours semaine et intitulé Plus belle la vie (que l’on peut suivre en rediffusion sur TV5 et en direct sur RFO). L’action de ce téléroman se passe à Marseille et dans le générique de l’émission on peut apercevoir des images classiques et fétiches de Marseille. Parmi celles-ci, il y a sa célèbre basilique qui domine la ville, Notre-Dame-de-la- Garde.

Bien sûr, une virée s’imposait, même si l’avions déjà visitée en 2006. Après avoir pris l’autobus depuis le vieux port, on y était 25 minutes plus tard. La montée est parfois forte et mieux vaut, pour des vieilles jambes, de monter en bus et de redescendre à pied, ce que l’on a fait. La vue sur Marseille demeure impressionnante et vaut absolument le coup. Le musée attenant à la basilique nous a charmés et nous le recommandons fortement. Alors que des hordes de touristes visitaient la basilique nous étions les seuls dans le musée. Ne faites pas comme nous : visitez-le d’abord, vous apprécierez mieux la basilique ensuite, y compris une magnifique mosaïque illustrant la fondation de Marseille dans un décor de paradis terrestre.

J’avais toujours cru que «de la Garde» provenait du rôle de protectrice attribué à la Vierge-Marie. Or, il n’en est rien, c’est la colline où est érigée la basilique qui se nomme ainsi. Il y a des siècles que le site était un lieu d’observation pour guetter les navires qui arrivaient au port. Rapidement au Moyen Âge le lieu prit le nom de La Garde. Voilà pour l’explication. Je me suis couché moins bête.

Au début de notre séjour, des travaux de construction par la voirie municipale se faisaient sur la rue où nous habitons, rue Monte-Cristo. Tous les travailleurs portaient une salopette couleur bleu ciel et cette observation s’est faite en plusieurs autres régions de France. Un travailleur manuel municipal s’habille en bleu. Quand les Français au XIXe siècle, ont décidé d’appeler ces travailleurs des cols bleus, par rapport aux travailleurs de bureau, devenus des cols blancs, le mot avait tout son sens et décrivait et décrit encore aujourd’hui la réalité. L’ennui est que cette désignation a été exportée chez nous sans que nos travailleurs manuels s’habillent de cette façon. La France s’est aussi découvrir l’origine de certains de nos mots familiers!

Le niveau zéro de la mer

Quand on était jeune, on apprenait dans nos cours de géographie les noms des plus hauts sommets du monde ainsi que la hauteur du mont Everest, en pieds bien sûr. Son élévation avait été calculée, nous disait-on, par rapport au niveau de la mer. Ne connaissant pas la mer et n’ayant pas vu les spectaculaires marées de Saint-Malo, je ne m’étais jamais interrogé sur la relativité de ces informations apprises par cœur. Compte tenu du déplacement incessant du niveau de la mer selon les marées, comment avait-on fait pour dire que le niveau zéro de la mer était celui-ci plutôt que celui-là? Et quelle mer avait-on choisie, pour déterminer cette hauteur de 0 mètre d’altitude?

Vous me voyez venir, c’est la Méditerranée qui a servi pour cette donnée essentielle aux calculs géodésiques pour toute la planète. Et c’est à Marseille, près de l’anse de la Fausse Monnaie, qu’un marégraphe fut installé en 1883. Après 11 ans d’observations quotidiennes, on établissait finalement ce fameux niveau zéro de la mer. Les deux bâtiments du site ne paient pas de mine et ne valent guère le déplacement, mais passant devant par hasard, je me suis rappelé ces cours de géographie en Abitibi au début des années 1960!

Deux monuments aux morts qui interpellent

Combien de fois avons-nous traversé un village de France avec son monument aux morts de la guerre de 1914-1918? Tous les villages de France en ont un, avec souvent le nom de leurs concitoyens morts au champ d’horreur ─comme disait Brel dans sa chanson Jaurès. Quelle ne fut pas ma surprise d’en apercevoir un, près de l’église Les Réformés, érigé en mémoire des soldats du département, Les Bouches du Rhône, non pas de la guerre 1914-1918 mais plutôt de celle de 1870-1871! Un magnifique monument avec tout autour des soldats grandeur nature chacun avec des visages distincts. Cette guerre qu’on connaît peu au Canada est celle qui, simplifions les choses, voit l’Allemagne sortir gagnante et qui, à la fin du conflit, va annexer l’Alsace et la Lorraine que la France va récupérer à la fin de la Première Guerre mondiale.

Il en existe sûrement d’autres de ces monuments de la guerre de 1870-1871 en France. J’ai bien hâte de voir comment cette guerre a été commémorée en Alsace. Pour un instant, je me suis imaginé les nouvelles autorités allemandes de 1871 en ériger un sur l’ancien sol français devenu allemand et inscrire les noms des soldats français morts en se battant contre eux! On peut s’imaginer aussi l’embarras des villages alsaciens et lorrains pour commémorer les morts de la guerre de 1914-1918? La commémoration en territoire conquis est chose bien délicate.

L’autre monument dont je veux parler est celui dédié aux soldats français morts en Orient au cours de la Première Guerre mondiale. Même moi qui ai enseigné l’histoire de cette guerre, n’avais aucune idée de l’ampleur et de l’importance du conflit dans les Balkans et en Turquie. Pour moi, il n’y avait eu que deux fronts à cette guerre, le front français avec notamment les batailles de Vimy, de Verdun, et le front russe avec entre autres la terrible bataille de Tannenberg. Il y avait bien eu Winston Churchill impliqué dans cet échec d’un débarquement anglais dans les Dardanelles, mais rien d’autre. Pourtant, quelques centaines de milliers de soldats français ont participé à cette guerre en Orient. Lors d’une exposition au magnifique Musée d’histoire de Marseille, j’ai beaucoup appris sur ces soldats appelés les «poilus d’Orient» et j’ai compris pourquoi le seul monument qui leur était spécifiquement dédié, avait été érigé à Marseille, lieu d’embarquement obligé de tous ces soldats partis pour un autre front que celui habituellement célébré et conservé en mémoire. Décidément encore une affaire de commémoration!

Quelques historiens, prétendent même que c’est grâce aux poilus d’Orient si le conflit prend finalement fin en dénouant le conflit figé dans une guerre de tranchée en France. En effet, quand on célèbre au Canada l’armistice, le 11 novembre, on commémore en fait la fin du conflit avec l’Allemagne, événement qui, en même temps, signifie la fin de la guerre parce que c’est le dernier pays ennemi encore en guerre. J’ai toujours cru que cet armistice du 11 novembre avait signifié la fin du conflit avec TOUS nos ennemis. Or, ce n’est pas le cas. Au cours du mois qui précède, l’armée d’Orient, dirigée par le général Franchet d’Espérey et composée de forces franco-britanniques, ont vaincu tous les pays et empires alliés à l’Allemagne : la Bulgarie qui rend les armes le 29 septembre, l’empire ottoman qui le fait à son tour le 30 octobre et l’empire austro-hongrois le 3 novembre. Se retrouvant seule et affaiblie sur son flanc sud, l’Allemagne est forcée de rendre les armes, bien qu’elle n’ait pas été militairement vaincue. Vive les poilus d’Orient!

La Marseillaise

Venir à Marseille à sans s’enquérir de l’hymne national français aurait été inconvenant. C’est pourquoi nous sommes allés au Mémorial de la Marseillaise, situé dans un quartier populaire de la ville. Quel beau musée conçu avec les dernières technologies visuelles! Quand Rouget de Lisle compose à Strasbourg la chanson au printemps 1792, la France, alors en pleine révolution, est en guerre avec l’empire autrichien et la chanson est destinée à l’armée française du Rhin. Nulle part dans ce texte très guerrier ─lisez le texte du premier couplet─, il est question de Marseille. C’est un peu le hasard qui fera qu’à peine quelques années plus tard, elle sera associée à Marseille. Chantée à Marseille en juin 1792 lors d’un banquet à saveur patriotique, la chanson est reprise ensuite par un contingent de plus de 500 volontaires marseillais qui se sont mobilisés pour défendre la patrie menacée et qui vont se diriger vers Paris, en faisant à pied les 800 kilomètres qui les séparent de la capitale. Tout au long de leur longue marche, ils reprennent la chanson devenue cri de ralliement et font ainsi connaître cet hymne de guerre au point de lui être à jamais associés.

Le cap Canaille

Guy et Christine, les propriétaires du gîte, nous ont offerts de découvrir Marseille et ses environs en voiture. Ils n’ont pas l’habitude d’offrir ce genre de ce service, mais nous trouvent de bonne compagnie. Il y a quelques années, nous avions fait sans nous arrêter la route des crêtes entre Marseille et La Ciotat. Comme eux savent où l’on doit s’arrêter pour admirer le paysage, on accepte la destination. Quel paysage à couper le souffle depuis le cap Canaille!

La vue sur Cassis au loin demeure un souvenir mémorable de ce voyage. S’agissant de Cassis, les gens du coin prononcent la finale du nom comme Paris. Il ne faut pas prononcer le S final.

Le jeu romain des osselets

Lors de notre visite au Musée d’histoire de Marseille que nous avons adoré, je vois sur une table des noix et des osselets en plastique de un à deux centimètres que les enfants peuvent manipuler afin de jouer comme on faisait au temps des Romains. J’avais vu dans la bande dessinée Astérix des scènes de Romains jouant aux osselets, l’ancêtre du jeu de dés, sans connaître les modalités ni les enjeux. C’est à ce Musée que j’ai su. Le jeu présenté au Musée ─sans doute y avait-il des variantes─ se joue avec quatre osselets que l’on lance sur une table. Puisqu’en raison de sa forme, chaque osselet compte seulement quatre faces, on entrevoit les combinaisons qui, paraît-il, seraient au nombre de 35.

Le coup le plus malchanceux est le coup du chien alors que les osselets tombent tous sur le côté creux laissant voir sur le dessus sa partie plus arrondie. Inversement le coup de Vénus est le plus recherché alors que chaque face de l’osselet est visible. Là où le Musée réussit un coup de maître, c’est lorsqu’il expose, juste à côté de la table de jeu, une ancre tirée des nombreuses épaves romaines du port de Marseille et que sur cette ancre est gravé le coup de Vénus, comme si on se souhaitait bonne chance afin de toujours arriver à bon port.

Bien réussir son séjour à Marseille

S’informant des coûts du transport en commun à l’Office de tourisme de Marseille dès notre arrivée, on nous apprend l’existence d’une passe hebdomadaire au coût de 13,50 Euros avec utilisation illimitée, y compris la navette maritime vers l’Estaque, qui à elle seule coûte 5 Euros par trajet. L’émission de cette passe exige une carte d’identité afin d’y inscrire notre nom mais également une photo de format passeport qui sera numérisée sur place. Ayant déjà notre passeport, nous croyons la formalité résolue, mais il n’en est rien, car il faut une nouvelle photographie de sorte qu’on nous suggère de revenir muni d’une photo. Heureusement que juste à côté, il y a une de ces machines automatisées de prise de photo, qu’on appelle ici Photomaton. Le coût est de 5 Euros, mais à l’inverse de chez nous où plusieurs photos différentes peuvent être prises consécutivement (ce qui nous aurait permis de tirer nos portraits dans la même séance), ici c’est la même photo qui sera imprimée 5 fois de sorte que nous devons à tour de rôle insérer 5 Euros dans la machine. Un peu agacés par la procédure, on se présente néanmoins pour l’émission de la passe qui est alors une formalité. Soyez patients, cela vaut la peine pour toute la liberté de déplacement que cela procure, y compris les brefs retours au gîte pour dîner, le court déplacement pour éviter des pas, un tour de tramway, etc.

Et procurez-vous la passe des musées de Marseille qui elle s’obtient facilement, cela permet de visiter à son rythme, de revenir au besoin comme ce fut notre cas pour l’imposant Musée d’histoire et le nouveau Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MUCEM). Cette passe vous dépannera les jours de Mistral alors que resteront malheureusement à quai les navettes maritimes et le bateau se rendant au Château d’If ─qui demeure, cela dit, peu intéressant même si tout le monde veut aller voir cette ancienne prison d’où se serait enfui Edmond Dantes, personnage d’Alexandre Dumas, dans Le Comte de Monte Cristo. Sur les 21 jours de notre séjour, nous avons eu trois jours de Mistral très intense. Cela pourrait aussi vous arriver.

À propos de deux conversations

Micheline et moi sommes dans le métro, un monsieur en face de nous adresse la parole. Utilisant le patois marseillais, on comprend à peine ce qu’il nous dit, mais on fait semblant de suivre la conservation, après tout, nous sommes des gens polis! Deux jours plus tard, même situation, un autre homme nous tient la conversation alors que nous nous déplaçons dans le métro. De retour à la maison, cela me frappe soudainement : l’aménagement de l’intérieur des wagons du métro de Marseille est différent du nôtre, car les passagers doivent obligatoirement se regarder assis sur des bancs qui se font systématiquement face. Chez nous, les concepteurs des wagons disposent les sièges pour nous isoler les uns des autres, en nous mettant dos à dos ou en nous forçant à s’asseoir de côté, on veut nous laisser dans notre bulle et refuser le dialogue. Pourtant leur métro est relativement neuf et les autorités marseillaises ont demandé un aménagement en harmonie avec sa communauté qui est si invitante pour les conversations. Moi qui, à l’image de mon père, aime parler avec les gens, je préfère ça à notre individualisation de l’espace public.

La Cité radieuse de Le Corbusier

En terminant ces impressions de voyage sur Marseille, quelques mots sur Le Corbusier qui a travaillé pendant quelques années sur un immense complexe domiciliaire à Marseille, qu’on appelle aujourd’hui La Cité radieuse. Optant pour une visite guidée qu’il faut réserver dès votre arrivée à l’Office de tourisme, nous y sommes rendus par bus en passant devant Le Vélodrome qui, en dépit de son nom, est strictement un stade de foot, de soccer comme on dit chez nous. Vous ne regretterez pas cette visite qui dure près de deux heures. Il y a tellement à dire sur les choix de Le Corbusier menant à la construction de ce complexe de 337 unités d’habitation construit entre 1947 et 1952.

Si on parle de cité plutôt que de complexe domiciliaire c’est que le bâtiment de 18 étages coloré de couleurs primaires et de vert, abrite une école encore ouverte et des commerces dont ne subsiste aujourd’hui que la boulangerie. Comme il avait prévu dès le départ la conservation d’une unité modèle pour les années à venir, on peut visiter un logement tel qu’aménagé à l’origine. Orienté parfaitement nord sud, le bâtiment se présente en oblique par rapport à la rue qui le borde, avec au nord une façade aveugle pour faire face au mistral. Les logements de différentes dimensions ont comme caractéristiques d’avoir à la fois de grandes ouvertures vers l’est et vers l’ouest permettant l’accès à un balcon de chaque côté qui prolonge le logement. Il faut voir la cuisine à aire ouverte dotée d’un four électrique, d’une hotte, d’un évier double, mais d’une glacière –les réfrigérateurs de l’époque sont encore trop volumineux─ et avec rien de prévu pour laver le linge, sans doute en raison d’une buanderie dans les espaces commerciaux.

Avec cette Cité radieuse, les utopies du célèbre architecte apparaissent avec éclat. Alors qu’après la Deuxième Guerre mondiale, on assiste au développement effréné des cités-jardins, des banlieues avec chacun son bungalow, ─développement qui n’est pas sans rappeler une individualisation de l’habitat urbain─, l’architecte cherche sans succès à populariser une forme d’habitat communautaire. Quelle naïveté que ce projet dont il reste néanmoins de belles réussites architecturales tels les élégants pilotis sur lesquels cette construction repose, une remarquable insonorisation qui ferait l’envie des constructeurs des tours d’habitation d’aujourd’hui, et un bijou de toit-terrasse pour des espaces communs qui jurent avec ce que nos condos modernes peuvent offrir comme aménagement. (Les 3 photographies de la Cité radieuse sont tirées de Jacques Sbriglio, Le Corbusier, L’unité d’habitation de Marseille.

À peu près au même moment où Matisse termine sa chapelle du Rosaire, que nous avions tant aimée l’an dernier, Le Corbusier avec l’aide de nombreux et brillants collaborateurs, réalise cette œuvre grandiose qui demeure un rappel de l'insignifiance de ce que je laisserai à l’humanité!