1925-1953: Origine et naissance

1925: L'année des commencements

15 avril: Naissance de mon père, Albert Gaudreau à Lac-au-Saumon en Gaspésie. Il est le 6e enfant d'Auguste Gaudreau et de Marie-Anne Vaillancourt. Ses parents se sont mariés le 13 octobre 1908. Mon grand-père est travailleur forestier et chauffeur de chaudière à la scierie locale.

10 août: Mariage de mes grands-parents maternels Émilienne Dupuis et de Rodolphe Bergeron à Saint-Paulin.

1931

Le recensement de 1931 permet d'en savoir un peu plus sur ces deux familles qui sont, toutes les deux, locataires. Mes deux grands-pères n'ont pas d'emploi à l'année car l'un et l'autre a chômé quelques mois, ce qui a sans doute affecté le budget familial. Mais cela n’a pas empêché Rodolphe, installé à Saint-Alexis-des-Monts, d’inscrire un excellent salaire de 1500$ en tant que journalier-électricien. Son métier consiste à installer des circuits électriques dans les maisons alors que le monde rural s’électrifie. Auguste, de son côté, est mécanicien de la scierie du village et a gagné 600$, soit 100$ de moins que l'emploi le plus prestigieux de la scierie qui est celle du scieur. L'ainé des enfants Gaudreau, Charles-Auguste qu'on voit tout jeune sur la photo de 1918 a 20 ans en 1931 et a contribué au revenu familial (200$) en tant que chauffeur de taxi. Quant à mon père, il est âgé de 6 ans et n’a pas encore fréquenté l’école, à l'inverse de trois de ses sœurs plus vieilles. Dans la famille de ma mère qui n'est pas encore née, ses frères et soeurs sont encore trop jeunes pour aller à l'école.

Quand on examine l'intervalle des naissances de mes grands-mères, on consate que ma grand-mère maternelle a accouché presque à chaque année tandis que l'autre a donné naissance à chaque deux ans. J'aurais bien aimé pouvoir les interroger à ce sujet afin de vérifier si ma grand-mère paternelle allaitait longuement, comme cela se pratiquait depuis la Nouvelle-France de manière à avoir effectivement un enfant à chaque 24 mois!

1934

5 novembre: Naissance de ma mère, Huguette Bergeron à Saint-Paulin en Mauricie. Elle est le 6e enfant de Rodophe Bergeron, électricien et d'Émilienne Dupuis.

1937

Dès l'âge de 12 ans, mon père qui m'a raconté n'avoir aucun succès à l'école, commence à faire de petits boulots. Son premier emploi sera celui de garçon d'écurie pour le docteur Drouin de Lac-au-Saumon.

1941

Mise en service du barrage de Rapide 7 sur la rivière Outaouais en Abitibi. C'est à peu près à cette époque que la famille Bergeron y élit domicile.

À l'école du village de Rapide 7, c'est Émilie Bordeleau, alors en fin de carrière, qui est institutrice et qui enseigne, dans une même classe, aux enfants Bergeron dont certains apparaissent sur cette photographie du groupe prise vers 1942. Le parcours de cette femme sert d'inspiration au célèbre roman Les filles de Caleb.

1943

Printemps: Huguette, celle au centre de la première rangée, apparaît sur une photographie avec Émilie Bordeleau et quelques autres communiantes alors qu'on réunit les premières communions et les communions solennelles. C'est pourquoi on y voit aussi Jeannine Paré, qui épousera Martial, un des frères de ma mère, dans le groupe des plus grandes.

L'entreprise pour laquelle Auguste travaille, Paradis & Fils, ouvre une nouvelle scierie en Abitibi, à Paradis Siding. La famille décide de quitter la Gaspésie pour ce nouveau travail. Cette scierie, qui embauche également mon père, est située à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Senneterre le long de la voie ferrée du CN.

1944

Comme bien des familles de cette époque, la famille Gaudreau est fortement interpellée par le conflit. Augustine, que l'on voit ici avec Albert et sur une autre photographie avec mon grand-père et ma grand-mère (un grand merci à Serge Beaudet de m'avoir transmis cette photographie) s'engage dans le service féminin de l'armée canadienne. Si un des frères, Paul le benjamin de la famille, s'enrôle à 17 ans, mon père, quant à lui, refuse d'aller se battre. Après s'être caché, il est temporairement exempté, en janvier 1945, du service militaire parce que la scierie où il travaille produit des pièces de bois pour l'armée canadienne.

1948

Mon père accepte un nouvel emploi dans une scierie à Rapide 7.

.

1950

Juin: Ma mère termine avec succès son certificat d'études de 9e année à Cadillac en Abitibi où elle est placée dans un couvent.

C'est le 25e anniversaire de mariage de Rodolphe et d'Émilienne. Sur la photographie, je retrouve ma mère alors âgée de 15 ans, mes oncles Réjean, Jean-Guy et Martial, tante Laurianne et son mari Fernand, tante Jeannine ainsi que Jeannine Paré. Le curé Perron, un ami de la famille, filme l'événement en couleur. Tout le village assiste à l'événement alors que le drapeau du Sacré-Coeur est à l'honneur. C'est toute une époque qui nous est ainsi révélée.

1952

14 octobre: Mariage d'Albert Gaudreau, 27 ans, et de Huguette Bergeron, 17 ans, à la paroisse mission du Christ-Roi à Rapide 7 en Abitibi, un mardi matin à 9 heures. Aucune photographie du mariage n'a été conservée, seul le faire-part envoyé aux invités par mes grands-parents a été conservé. Mais subsistent aussi quelques photographie du couple prises quelques mois auparavant et d'autres du voyage de noces. Sur l'une d'elles, elle prend la pose devant une voiture, qui, nouvel objet de consommation pour la classe ouvrière, représente un objet de grande fierté.

1953

28 août: Naissance de Joseph Guy Emilien Gaudreau à l'hôpital de Val-d'Or. Mon grand-père, Auguste, y travaille en tant que chauffeur de chaudière. Comme le veut la coutume, mes grands-parents maternels seront les parrain et marraine. Quelques mois après mon baptême, Rodolphe meurt d'une crise cardiaque de sorte que je n'ai jamais pu le connaître.