La genèse de CONVERSATION POÉTIQUE. LA CORRESPONDANCE LITTÉRRAIRE ENTRE HARRY BERNARD ET ALFRED DESROCHERS

Publié aux éditions David, cet ouvrage est le fruit d’une étroite collaboration avec ma compagne Micheline Tremblay. Si nous avons ensemble transcrit, remis dans l’ordre chronologique les lettres échangées (elle, beaucoup plus que moi) et ensuite effectué le choix des documents qui accompagnent leur correspondance, je me suis occupé de la rédaction du texte de présentation et l’établissement de la chronologie tandis qu’elle s’occupa de la laborieuse rédaction des nombreuses notes d’érudition de l’ouvrage. Comme nous avions convenu que, au fur et à mesure de nos publications sur Harry Bernard, nous alternerions afin de désigner lequel de nous deux serait le premier auteur, il revenait à elle (et c'est bien mérité) qu’elle soit le premier auteur puisqu’il s’agissait de notre quatrième publication et que j’avais été le premier auteur de notre premier texte sur Bernard.

Comme on peut le comprendre, cette publication s’inscrit dans un projet de recherche plus large dont le sujet est Harry Bernard et dont Micheline avait reconnu l’importance lors de ses recherches doctorales du début des années 1990. L’année 2000-2001 fut à ce titre décisive car un long dépouillement du Fonds Harry-Bernard aux Archives nationales du Québec à Montréal a constitué un des nos projets de congé sabbatique.

Bien que nous comptions déjà sur un texte rédigé sur la biographie de Harry Bernard [que nous avions soumis d’abord à la revue Voix et Images, mais qui finalement paraîtra dans la nouvelle revue MENS], la rencontre avec le spécialiste en histoire littéraire, Jacques Michon de l’Université de Sherbrooke en juin 2001 fut capitale puisqu’il renforça notre conviction que Harry Bernard représentait un magnifique sujet d’étude. C’est d’ailleurs lui qui nous proposa d’envoyer à la revue GLOBE notre prochain article traitant du régionalisme de Bernard.

Finalement entre 2001 et 2003, nous avions tous les deux publié trois articles dans des revues arbitrées sur ce journaliste et romancier (voir la section les articles et chapitres d'ouvrage ).

De plus, nous avions, dans une conférence à l’automne 2002, souligné notamment la richesse de cette correspondance entre le poète de Sherbrooke et Bernard. Cette conférence s’inscrivait dans le cadre des festivités entourant le 150e anniversaire du Courrier de Saint-Hyacinthe pour lequel Bernard avait été rédacteur en chef pendant 47 ans. C’est pourquoi on nous avait demandé, par la suite, de participer à la rédaction de l’album-souvenir dans lequel cette correspondance est également évoquée.

Le projet de publier la riche correspondance entre les deux hommes remonte donc à l’année 2002 alors que nos trois articles dans les revues savantes sont publiés ou en voie de publication. C’est Micheline Tremblay qui proposa que l’on approche d’abord les Éditions David chez qui elle préparait l’édition de l’ouvrage méconnu de Virginie Dussault qui paraîtra à l’automne 2003. Nous avions tous les deux rencontré le directeur des éditions David, Yvon Malette à Sudbury en avril alors qu’il était venu pour le Prix des lecteurs de Radio-Canada. Une autre rencontre avec lui lors du lancement d’Amour Vainqueur au salon du livre de Montréal à l’automne 2003 nous avait permis de définir certains paramètres de l’ouvrage encore en chantier. Dès l’automne 2003, la transcription de la correspondance est envoyée aux éditions David afin d’être examinée par Réjean Robidoux, Marc Pelletier et Roger Lemoine en vue d’une approbation et de la formulation d’une série de recommandations pour la préparation de cette édition critique.

C’est en 2003-2004 que Micheline finalise la section de la correspondance qu’on appelle les documents connexes insérés avec leur correspondance de sorte qu’en juin 2004 une première version de la correspondance avec ses notes est terminée. Mais il manque encore deux pièces importantes de l’ouvrage soit la chronologie sur laquelle je travaille en mai et juin 2004 de même que le texte de présentation dont la première version date du 27 juin 2004. Au sujet de la chronologie, il faut préciser que cette version imprimée comme celle apparaissant dans un autre ouvrage postérieur, Je voudrais bien être un homme n'avait pas encore profité du dépouillement systématique du Courrier de Saint-Hyacinthe de sorte que la version la plus complète se trouve maintenant sur notre site web (www.harry-bernard.com).

C’est à l’été 2004 que le manuscrit est transféré du Word Perfect, logiciel utilisé depuis 1988 au langage WORD, langage plus compatible avec celui de la mise en page aux éditions David. Comme l’atteste le volumineux dossier Conversation poétique, il renferme de nombreuses versions de ces différentes composantes de l’ouvrage rédigées, peaufinées au cours de l’année 2004. L’intervention la plus décisive fut sans conteste celle d’Yvan Lepage, spécialiste de la littérature canadienne-française et collaborateur aux Éditions David. En novembre, il finalisa la révision du texte de présentation et celui de la chronologie combinée.

Ce travail de révision d’Yvan passe par un échange de courriels soutenu qui a été par bonheur conservé dans mon fonds d'archives. Les différents changements qu’il apportera au texte en décembre 2004 vont générer de multiples versions du manuscrit. Certaines versions imprimées complètes du manuscrit ont même été préservées.

Dans le temps des Fêtes 2004, une décision cruciale doit être prise au sujet de la composition du livre. Yvan est partisan de l’inclusion des notes dans le texte sous forme de notes infrapaginales et nous sommes partisans de notes reportées en fin de document pour que toute la place soit laissée aux échanges épistolaires. Le refus d’Yvan d’accepter notre point de vue nous force à menacer de retirer notre manuscrit et l’intervention du directeur des Éditions David, Yvon Mallette sera nécessaire pour que nous obtenions gain de cause.

À l’hiver 2005, le manuscrit allait être pris en charge par Anne-Marie Berthiaume pour la mise en page. Le formulaire de vérification finale des épreuves de même que les épreuves finales ont également été conservés. Cette étape étant franchie, nous pouvions nous attaquer par la suite à la composition de l’index de l’ouvrage. Le lancement du livre eut lieu au Salon du livre de l’Outaouais au printemps 2005. Les critiques que reçurent l’ouvrage furent d’un grand réconfort, compte tenu de l’ampleur du travail exigé.