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La genèse de JE VOUDRAIS BIEN ÊTRE UN HOMME. LA CORRESPONDANCE LITTÉRRAIRE ENTRE HARRY BERNARD ET SIMONE ROUTIER
C'est au cours de l'hiver 2010 que Micheline me propose la publication de l'intense correspondance entre Routier et Bernard. Pendant qu'elle retranscrit les lettres et rédige les nombreuses notes d'érudition, je m'attaque à la rédaction du texte de présentation et à une révision de la chronologie portant sur les deux auteurs afin d'y intégrer les principales étapes de la vie de Routier. À fin avril, le manuscrit est complet.
Afin de faire connaître Bernard à un autre public, on pense d'abord l'offrir à une maison d'éditions féministe, les Éditions du remue-ménage car il nous apparaît clair que l'intérêt du manuscrit repose sur l'éclairage qu'il apporte, cette fois, à la poétesse Simone Routier. À la fin mai, on reçoit une lettre de remue-ménage qui n'est pas à la hauteur de notre enthousiasme. Perplexes, on pense alors à tâter le terrain avec les éditions David avec qui nous avions vécu une belle expérience grâce à Conversation poétique.
C'est en juin que j'entreprends des démarches auprès de Marc Haentjens des éditions David qui se montre intéressé à condition de trouver un financement adéquat. L'idée est bien reçue par Réjean Robidoux et Marc Pelletier: pourquoi ne pas offrir une suite à Conversation poétique?. Ce projet allait donc devenir une proposition de demande de subvention à l'Université Laurentienne dans le cadre de son programme de subvention pour retraités. C'est pourquoi Marc me fournit une lettre d'acceptation conditionnelle du manuscrit et quelques indications budgétaires qui allaient compléter une demande de subvention, conservée dans mon fonds d'archives comme beaucoup d'autres pièces de ce dossier. Notre demande de subvention repose en partie sur la réception critique très favorable que reçut Conversation poétique.
En juillet, Réjean Rodiboux lit et commente le manuscrit pour lequel il se montre enthousiaste. Mais comme Yvan Lepage, responsable de la collection «Voix retrouvée» est mort, il faut d'abord trouver un nouveau responsable de la collection qui assurera, pour les éditions David, le suivi du dossier. Pour notre plus grand bonheur, c'est Yvon Malette que l'on connaît bien qui prend la relève et en qui nous avons totalement confiance.
De façon officieuse, on nous annonce à la fin septembre que nous avons obtenu la subvention demandée: la somme accordée est de 4750$, le projet peut aller de l'avant.
Parmi les problèmes que soulève notre manuscrit, il y a des passages incompréhensibles des lettres manuscrites de Routier dont nous avions des photocopies. Si notre collègue Richard Giguère nous donne un coup de main à ce sujet, la consultation des lettres originales aux archives nationales du Québec s'impose toutefois. Après plusieurs efforts à donner un sens à ces passages, en novembre et décembre, on dispose, au début janvier 2011, d'une nouvelle version complète qui est soumise à Yvon pour une autre ronde de lecture du manuscrit.
Février, une des responsables des archives, Estelle Brisson, nous informe que notre projet, aussi beau qu'il puisse être, requiert l'approbation des ayant-droit de la succession Routier. Le refus possible de leur part, nous laisse dans l'incertitude pendant quelques semaines. Néanmoins à fin du mois, on obtient le feu vert de leur part. Parallèlement, les nombreuses remarques d'Yvon nous amènent à faire d'autres corrections et, au même moment, on compte enfin sur une version finale du manuscrit qui sera confiée à celle responsable de sa mise en pages, Anne-Marie Berthiaume. C'est en juin qu'elle se mettra à la tâche, débusquant à son tour des passages qui requièrent notre attention et d'autres corrections. Cent fois sur le métier...
L'ouvrage est finalement lancé au salon du livre de Montréal à l'automne 2011.
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