|
|
|
|
|
|
|
|
Trois semaines à Lyon? Pourquoi pas. Moi qui adore vivre en France ne pouvait que souscrire à ce projet. Pourquoi se priver de leurs sourires quand la caissière, le boulanger, le marchand de poisson vont nous dire ô combien ils aiment notre accent et notre pays! Sans le savoir nous avons loué un gîte selon une formule certes fort connue aujourd’hui, mais que nous n’avions jamais expérimentée, la formule «AirBnB». Jusqu’alors, quand on louait un gîte on savait que tout ce qui était resté sur place, comme des épices, du café, des cannages, de l’huile, des sacs de déchets devenaient nôtres. À charge de revanche, ce que nous y laissions au départ appartenait au suivant. Mais cette fois, s’il ne manque de rien à notre arrivée, on ne connaît pas les conventions sur l’usage de la consommation de produits déjà entamés par le propriétaire. Est-ce qu’on devra remplacer le pot de moutarde de Dijon? Racheter des sacs de poubelle pour remplacer ceux utilisés? On reste dans le vague, et cela m’insécurise. J’aime bien partir sans pouvoir faire l’objet du moindre reproche. Micheline est comme moi : elle laissera le logement au moins aussi propre que lors de notre arrivée car nos dernières heures vont y passer.
Pour simplifier notre vie nous nous sommes munis d’une carte de transport hebdomadaire qui Comment décrire Lyon? Résumons les propos de notre guide du Vieux-Lyon. Cette ville, capitale des Gaules datant des Romains, est construite à la jonction de deux cours d'eau coulant grossièrement du nord au sud, la Saône à l’ouest qui se jette dans le Rhône plus à l’est, formant ainsi une presqu’île. Des quatre rives, c’est la rive droite de la Saône, donc celle plus à gauche qui est la plus ancienne. (Plus loin, je m’arrête sur la notion de rive comme repère topographique). Le vieux Lyon est là adossé à une colline avec sur les hauteurs la basilique de la Fourvière qui domine la ville et l’ancienne ville romaine dont il reste des vestiges. À partir de la Renaissance, la ville s’est étendue vers la presqu’île formée de la rive gauche de la Saône et de la droite du Rhône. Puis, au XIXe siècle, ce fut autour de la rive gauche du Rhône, là où nous habitons. C’est finalement à Lyon que j’ai bien intégré que les rives sont dites droite ou gauche selon le sens du courant. En effet, c’est selon la direction prise lorsqu’elle se jette à la mer, qu’on peut distinguer les deux rives. Comme le Rhône et la Saône se jettent vers le sud, leur rive droite respective se trouve ainsi sur leur gauche. Voyager c’est vouloir moins bête! Et maintenant quand j’entendrai parler de «Paris, rive gauche», je me ferai enfin une meilleure idée.
De Jean Moulin
Le moment qui m’a touché le plus c’est lorsque la guide qui nous faisait visiter la Croix-Rousse, un ancien quartier ouvrier de Lyon, s’arrête à un coin de rue devant une plaque commémorative pour nous dire que c’est ici que Jean Moulin a connu ses dernières minutes de liberté le 21 juin 1943. En effet, Des métros lyonnais Prenant trams et métros à tous les jours, nous avons eu le temps d’utiliser toutes les lignes offertes. Si les tramways sont semblables d’un réseau à l’autre et ressemblent aux autres villes françaises, les lignes de métro sont fort différentes les unes des autres, ce qui indique une implantation graduelle du réseau. Notre ligne qui dessert notre quartier, la ligne D, paraît être la plus moderne. Avis aux syndicats de chez nous, les wagons de cette lige sont dépourvus de conducteur et sont téléguidés par un «Big Brother» et un jour, nos conducteurs du métro montréalais devront se battre pour conserver leur emploi afin d’éviter l’implantation de ce système. Système qui n’est en place que pour la ligne D, les lignes A, B et C ayant tous encore leur conducteur. Peut-être s’agit-il d’un compromis syndical. La marche de l’automatisation n’est ni mécanique ni inexorable puisqu’elle s’inscrit ─heureusement d’ailleurs─ dans des rapports sociaux.
Jamais dans ma famille ni dans celle de Micheline il n’avait été question de quenelles (qu’on pourrait décrire comme des saucisses avec deux extrémités plus ou moins écrasées). La première fois qu’on m’a initié à ce met ce fut peut-être chez les Ribordy à Sudbury. Quenelles de poisson bien sûr ─un classique dans l’univers quenellien─ sans doute de brochet. Chez nous, le poisson plus abondant est mangé tel quel. Il peut être un peu tourné dans la farine, mais avec sel, poivre et citron ou quelques épices. Mais la quenelle c’est autre chose. En tant que telle, une quenelle de poisson renferme moins de 25% de poisson! le reste est composé d’œuf (qui est l’ingrédient le plus volumineux) de semoule de blé dur, de lait, etc.
Dès les premiers jours, cela nous avait frappés : on voit des trottinettes partout sur les trottoirs lyonnais. Pas seulement pour les jeunes qui y vont allègrement, mais aussi chez des adultes, hommes et femmes. Certains modèles ont des guidons qui se replient de sorte qu’on a vu des gens en apporter dans les métros. D’autres ont des freins à un guidon, un petit moteur électrique. Elles sont dotées d’habitude d’un garde-boue sur la roue arrière qui sert de frein qu’on actionne avec le pied. Bien des gens s’en servent : de jeunes filles allant au travail bien vêtues, un travailleur pressé, mais personne de nos âges. On a même vu à quelques reprises un parent qui avait installé un jeune enfant debout devant lui et tenant, lui aussi, les guidons. Une mode sans doute, absente à Marseille et en Alsace l’an dernier. Si jamais cela devient tendance, vous l’aurez su parmi les premiers!
Si le musée d’histoire de Lyon, le musée Gadagne, ne valait pas le déplacement ─ celui de Marseille avait été si éblouissant l’an passé qu’on s’attendait à plus─, celui des Beaux-Arts est remarquable par l’ampleur et la richesse de sa collection. Un incontournable quand vous viendrez à Lyon. C’est sans conteste la grande salle des sculptures qui m’a le plus impressionné, bien que je doive également donner une bonne note à leur collection d’antiquités.
Dans la salle des Antiquités une sculpture de Biegas que je ne connaissais pas m’a également frappé avec son «Rêve de Dieu». D’habitude dans le ciel, Dieu est cette fois couché sur le sol et dans son rêve apparaissent ce qui pourraient être Adam et Ève.
C’est Micheline qui m’a convaincu d’aller faire un tour au musée de l’imprimerie. Puisqu’il fait partie des musées municipaux et que nous nous étions procurés la passe «musée», j’ai accepté de l’accompagner sachant qu’il n’en coûterait rien. Malgré sa taille modeste, cet établissement m’a séduit par la qualité des informations présentées. Quelle belle synthèse sur l’évolution de l’imprimé! J’y ai surtout compris l’avancée spectaculaire qu’apporte le concept de page. Cela paraîtra banal, mais il n’en est rien.
Ce sont les Romains qui, au IIe siècle de notre ère, ont inventé le codex, l’ancêtre du livre. Le codex, formé de feuillets avec du texte au recto et au verso collés en marge, a en quelque sorte inventé la page.
De la grotte de Chauvet Lundi 17 octobre, nous sommes allés visiter la grotte de Chauvet en Ardèche. Non sans raison, elle se proclame le premier chef d’œuvre de l’humanité, forte de ses 36 000 ans d’âge. Moi qui avais vu Lascaux en 1993 et en 2009, tenais à voir la reproduction à l’identique de la grotte de Chauvet qui repoussait de 15 000 ans les débuts de l’art pariétal dans les grottes ornées. Si Lascaux demeure plus impressionnante en raison de la densité des dessins, celle de Chauvet n’a pas à rougir de ses qualités artistiques qui sont diffusées dans un bien plus large espace. Il faut voir le panneau des lions ou celui des chevaux pour s’en convaincre.
Revoir Vaison-la-Romaine et Gigondas
Dans ce projet de voyage en Ardèche, il y avait aussi une journée réservée pour la Provence et la région où nous avions vécu en 2006. C’est la raison pour laquelle nous avions donné rendez-vous à la mairie de Vaison-la-Romaine, le mardi 18 octobre, Ces moments furent assurément de pur bonheur. Ils furent même dopés par une météo parfaite : plein soleil et 20 Celsius. Après les a avoir quittés, nous nous sommes dirigés vers Gigondas pour se procurer un vieux marc Pierre Amadieu et pour tenter de revoir Jean-Michel qui y tenait un bar et qui nous avait invités le Réveillon du jour de l’An 2007. Mais on y a appris qu’il s’était suicidé il y a quelque temps après s’être séparé de sa blonde. Un autre ami de France qui s’est suicidé après Michel d’Avranches! De la prison de Montluc
Dans les cellules, on trouve souvent des photographies des victimes des Nazis avec une courte biographie. Il y a celle de Marc Bloch, historien français dont on faisait l’éloge lorsque je commençai mes cours d’histoire à l’université de Montréal. Il y avait été incarcéré, comme Jean Moulin. Et comme tant d’autres il avait été amené ailleurs ─ la prison servait de lieu de détention mais non d’exécution─ afin d'être fusillé avec 29 détenus à une trentaine de kilomètres de Lyon à Saint-Didier-de-Formans le 16 juin 1944. Si pour moi Lyon semble bien être la capitale de la résistance et pas seulement de la gastronomie. Pour Micheline, ce sont d'abord les murs peints de la ville qui constituent son premier coup de coeur. À ne pas oublier lors de votre prochaine visite.
|