Nice: printemps 2023

C’est seulement samedi le 27 mai, soit presque une semaine après notre arrivée qu’une première idée m’est venue pour mes impressions de voyage. Pourquoi n’ai-je pas été inspiré avant? Peut-être parce que je suis déjà venu deux fois et que mon émerveillement et ma curiosité étaient émoussées, bien que le musée Chagall m’est apparu plus beau que lors de ma visite en 2014. Une autre raison de ce silence est sans doute que Micheline et moi, de même que Jean-Claude et Alexandre avons été invités par notre fils Étienne et sa blonde Elisa. Notre ménage était ainsi composé de 2 enfants et de 6 adultes avec des valeurs et des habitudes à synchroniser. J’avoue également que notre frigo qui fonctionnait à 30% a posé de redoutables défis d’intendance et de planification qui ont beaucoup attiré mon attention.

Cela dit, le gîte était admirablement bien situé dans le Vieux-Nice avec vue sur la baie des Anges. Voici une partie du panorama depuis le balcon où j’ai passé des heures à contempler le paysage et le va-et-vient des touristes qui déambulent sur la Promenade des Anglais et sur le Quai des États-Unis.

Pour la chaise roulante de Micheline, le Vieux-Nice est un paradis car on y rencontre fort peu de trottoirs. Quel plaisir nous avons eu à circuler parmi la foule de touristes, de poussettes et de vélos-taxis, sur la rue de La Loge, sur la rue centrale et sur la rue Droite. Quand on y pense bien, pourquoi nommer une rue Droite? Tout simplement parce que les autres avant elle ne l’étaient pas, présentant toutes un tracé courbe qui, jadis, devait épouser la topographie d’un sol non quadrillé.

Parcourant chaque jour le Vieux-Nice, j’y ai reconnu des gens de la place et y ai pris rapidement des habitudes, comme celle de fréquenter le même café, le Kalice, sur la place Rossetti en face de la cathédrale Sainte-Réparate, ou encore de me rendre deux fois par jour faire un peu d’épicerie au Carrefour Express de la place Saint-François!

Bien sûr il y eut aussi de vivre de beaux moments pendant deux semaines avec son fils et sa blonde. Avec aussi des petits-enfants que je ne connaissais pas vraiment. On les voit ici entourant leur mère. J’avoue avoir particulièrement apprécié de voir Amelia, toute barbouillée, manger dans sa chaise-haute.

Un magnifique panorama depuis Le Château

À une minute de l’appartement, on trouve un ascenseur qui mène à un parc dominant le Vieux-Nice et le port. Le parc est situé sur l’emplacement d’un ancien château, d’où son appellation. Au début des informations relatant son fonctionnement erratique me fait craindre d’y demeurer coïncés, Micheline, moi et la chaise roulante. Mais heureusement Étienne l’a essayé avec sa famille et la poussette, pour y découvrir un site enchanteur et des points de vue à couper le souffle. J’en veux pour preuve les deux photos suivantes qui sauront vous convaincre de vous y rendre.

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À Nice aussi il y a des voleurs, mais également des gens honnêtes

Eh oui, Alexandre s’est fait voler alors qu’il était dans le tram! Ils sont habiles ces malfrats. Non seulement ont-ils mis la main sur quelques centaines d’Euros mais aussi sur son passeport qui, heureusement ne les intéressait pas et a été jeté avec la pochette dans lequel il était logé. Faire les démarches pour ravoir, 6 jours avant le départ, un passeport afin de retourner au Canada n’est pas une mince affaire. Avoir une copie de son passeport est loin de suffire pour se tirer d’affaires, tenez-vous-le pour dit et conserver votre passeport bien sur vous. En fait, il faut impérativement se rendre à l’ambassade canadienne à Paris pour obtenir un nouveau passeport. Le consul canadien à Nice n’est d’aucun secours et ne me parler pas de la police chez qui on prend rendez-vous 24 heures d’avance pour déclarer un vol! L’efficacité policière du cinéma relèverait ici de la fiction. Mais le tout s’est bien terminé car une bonne samaritaine a trouvé la pochette avec le passeport et grâce à une adresse niçoise qu’Alexandre avait glissée à l’intérieur, le passeport a retrouvé son propriétaire.

Sans savoir qu’Alexandre se faisait voler au même moment, Micheline et moi étions au Château. Après être allée aux toilettes publiques du parc et avoir déboursé 50 centimes, Micheline se rend compte qu’elle a laissée sur place, 20 minutes plus tôt, sa bourse avec son passeport! À pas de course, je retrouve l’emplacement de ces toilettes pour constater que du côté des dames, beaucoup de monde était déjà passé et qu’une vingtaine de jeunes filles attendent leur tour. Me frayant un chemin en m’excusant auprès d’elles, je demande avec angoisse et espérance à la Madame Pipi si quelqu’un lui avait remis la bourse … qu’elle me remet sur le champ avec tout son contenu! On l’avait échappé belle.

Il n’y a pas que des voleurs à Nice, on trouve aussi des gens honnêtes. Et si jamais vous vous demandez pourquoi il faut payer 50 centimes pour accéder à une toilette, souvenez-vous de Micheline qui, le lendemain, allait faire brûler deux lampions à la cathédrale Sainte-Réparate (qu’on voit ici) en la mémoire de son père.